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    mercredi 6 janvier

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    Jacques Cheminade
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    jeudi 15 décembre à 19h30

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    Il est des moments de l’histoire où, plus que jamais, le futur ne peut être déterminé par la déduction de faits passés. La mémoire du passé doit être source d’inspiration pour y puiser l’élan vers le futur, mais par delà l’application de formules ou de recettes. C’est dans cet état d’esprit que Georges Washington traversa la rivière Delaware pour affronter par surprise des Anglais supérieurs en nombre, c’est dans cet état d’esprit que de Gaulle s’envola pour Londres en s’émancipant d’une discipline devenue mortelle et c’est ainsi qu’aujourd’hui nous devons faire face aux terribles périls qui nous menacent et que nos élites ne veulent pas voir.

    Mes meilleurs vœux pour cette année 2016 vont ainsi au peuple français, à mon peuple, qui a réagi de façon digne et responsable face à la provocation terroriste visant à l’entraîner dans la confusion et la vengeance. La plus belle déclaration aura été celle de cet homme dont la compagne avait été assassinée et qui répondit au défi de la douleur : « Je ne leur ferai pas cadeau de ma haine. » Ce peuple, mon peuple, mérite qu’on lui apporte une vision historique, un projet de renouvellement redonnant vie au meilleur de ce qui inspira notre histoire. Non pas pour nous servir nous-mêmes, mais pour que chaque Français serve la France, et la France, la cause de l’humanité.

    Cet engagement exige que la dynamique de l’élection présidentielle rompe avec les « éléments de langage », les petites phrases et le nombrilisme partisan masquant le vide du contenu. Rien ne peut être accompli si on ne désigne pas d’abord les forces destructrices pour engager le combat politique contre tous ceux qui collaborent avec elles. Aujourd’hui, en ce début 2016, le système financier et monétaire international est en voie d’effondrement et ceux qui en sont maîtres, la City, Wall Street, leurs paradis fiscaux et leurs collaborateurs chez nous, ne sont plus capables de donner un avenir au monde. Leur horizon est l’austérité sociale, le chaos et la guerre, une guerre qui viendra fatalement si nous ne faisons rien pour changer la règle du jeu. Le terrorisme lui-même est une conséquence, plus ou moins manipulée, de cette société qui n’a plus à offrir qu’une consommation dont elle frustre un nombre croissant de ses propres membres.

    Notre premier engagement doit donc être de fermer le robinet de l’argent à ceux qui jouent sur les marchés et blanchissent l’argent du terrorisme et de la drogue. C’est ce que fit Roosevelt en 1933, c’est ce que nous fîmes à la Libération : briser les portes de la prison financière. Notre société est devenue criminogène, il faut y rétablir l’état de droit, c’est-à-dire l’état de progrès et de solidarité humains.

    Ainsi protégés, nous pourrons construire l’avenir avec ce qui est le fondement réel de l’économie : le crédit public. Chez nous, depuis plus de quarante ans, nous avons pratiqué la soumission volontaire au monde de l’argent. Nous ne pouvons en sortir qu’en émettant le crédit nécessaire pour remettre le monde et la France en chantier, le crédit au service de grands travaux associés au numérique et à la robotique, une économie réelle prenant la balle au bond de tout ce qui nous porte vers le futur, et non un monde virtuel sous contrôle des manipulateurs de données devenus criminels.

    Voilà une grande bataille pour la nouvelle année, une bataille à haut risque, mais ne pas la mener conduirait à nous détruire nous-mêmes. C’est dans cette bataille que nous trouverons une vraie union nationale, sans compromissions envers un régime de partis qui se servent eux-mêmes.

    Le numérique et la robotique nous donnent les moyens de renouveler notre vie politique devenue incestueuse et exsangue, en renouant avec le principe de participation.

    Ce sont la curiosité humaine et le service d’autrui qui doivent nous inspirer en avant de nous-mêmes. La plus grande joie est de retrouver la pensée comme courage d’agir.