Se libérer de l'occupation financière

Unissons producteurs et consommateurs pour combattre la finance folle !

mardi 24 février 2015

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Par Jacques Cheminade, Président de Solidarité & Progrès

Désertification rurale, abandon par les services publics, de moins en moins pour vivre, de plus en plus de dettes à rembourser, cambriolages qui explosent : ça ne peut plus durer ! Et ce n’est pas en offrant de petits cadeaux ou de belles paroles, comme le fait le gouvernement, ou en exploitant les peurs, comme le fait Marine Le Pen, qu’on peut s’en sortir. C’est une autre politique qu’il faut mettre en route, à l’échelle de la France, de l’Europe et du monde.

Cette politique doit arrêter la mainmise des oligarchies financières sur l’agriculture. Unissons donc producteurs et consommateurs, qui ont un intérêt commun à les combattre, pour changer les choses !

L’urgence : arrêter la casse et la volatilité des prix

  1. Rétablir les prix plancher garantis : pas de prix en dessous des coûts de production. Il y a urgence, pour sauver nos producteurs de lait et de viande.
  2. Revenir à une vraie préférence européenne : il est scandaleux que la politique agricole de la France se fasse à la corbeille de Chicago et que quelques géants multinationaux contrôlent les marchés des denrées de base. Bruxelles ne doit plus être leur courroie de transmission !
  3. Adopter une vraie réforme bancaire, interdisant le recours par les banques à des fonds d’investissement sur matières premières agricoles, purement spéculatifs. Livrer ce qui se mange au jeu des casinos financiers mondiaux est scandaleux.
  4. Organiser un moratoire et une restructuration de la dette des agriculteurs suivant les parcours individuels, les régions et les secteurs de production.
  5. Arrêter l’accumulation de normes et de réglementations soi-disant « écologiques », qui livrent nos producteurs à la concurrence de pays qui n’en ont pas. Dire et redire que nos producteurs sont déjà engagés dans des démarches écologiques positives (limitation de l’utilisation d’intrants, amélioration de la qualité des sols, préservation des ressources en eau…) et qu’il faut accompagner leurs efforts plutôt que pénaliser leur travail.
  6. Financer comme il le faut une vraie politique de sécurité publique, avec une gendarmerie de proximité dont les effectifs restent relativement stables pour mieux connaître leur environnement humain.
  7. Offrir l’accès à internet à haut débit partout en France, pour assurer un rapport en temps réel avec l’économie et les besoins des ménages.
  8. Rétablir des relations diplomatiques normales avec la Russie en levant nos sanctions afin que soient levées ses contre-sanctions sur nos fruits et légumes, viandes et produits laitiers.
  9. Arrêter les négociations sur le Traité de libre-échange transatlantique, qui n’est en rien un partenariat mais un instrument visant à faire tomber nos régulations, normes et protections légitimes.
  10. Exclure l’agriculture des négociations au sein de l’OMC, dans le cas où elles se poursuivraient.

L’objectif : fermer le casino financier mondial

  1. Sortir d’une mondialisation financière sans foi ni loi en fermant le casino de la City et de Wall Street pour le remplacer par un système de crédit productif public, fondé sur des projets internationaux à long terme. C’est seulement dans ce contexte général que le monde paysan, libéré de ses contraintes malthusiennes, pourra devenir un acteur majeur à l’échelle de l’Europe et du monde.
  2. Arrêter ainsi au niveau mondial la mise en concurrence contrôlée et faussée des agriculteurs pour revenir à un régime de régulation des prix et d’organisation des marchés.
  3. Coordonner avec les pays membres des BRICS – Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud – la mise en œuvre d’un nouvel ordre économique mondial, car c’est parmi eux que se manifestent une Résistance et un front pour le développement mutuel.
  4. Soutenir chez nous la multiplication des circuits courts, pour éviter la loi des intermédiaires et surtout le poids illégitime de la grande distribution. Arrêtons la mainmise financière sur nos campagnes ! L’opposition n’est pas entre « gros producteurs industriels » et « petits agriculteurs bio » mais entre producteurs honnêtes et vautours financiers, pour qui la terre n’est qu’un support à leurs spéculations.

L’agriculture doit être le grand métier du futur pour nourrir 10 milliards d’êtres humains. La logique financière mondiale de ces quarante dernières années en a fait un objet d’exploitation. Il faut donc changer de logique pour voir l’agriculture avec les yeux du futur, les yeux des Français qui aiment le travail de leurs agriculteurs. Voilà notre combat !


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