Se libérer de l'occupation financière
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Revitaliser nos territoires

Une audace patriotique contre la mondialisation financière

La France doit se donner une stratégie audacieuse face au monde qui vient. Pour défendre nos emplois et nos territoires, c’est un sursaut économique qui est nécessaire. Je propose un projet cohérent qui rompe avec une règle du jeu qui, depuis plus de trente ans, laisse partir nos industries. Sans libre-échangisme ni repli national suicidaire.

• Si l’Etat ne dirige pas la monnaie, c’est la monnaie qui le dirige. Défendre le patriotisme économique signifie donc d’abord retrouver notre souveraineté monétaire et d’émission de crédit, en combattant ceux qui nous l’ont kidnappée. L’occasion s’offre aujourd’hui. Il faut la saisir, contre le monde de la City et de Wall Street. En sortant d’une Union européenne qui méprise les nations et sert les marchés et en refondant, avec les quelques pays européens proches de nos conditions économiques, une Europe des patries dans l’esprit du Plan Fouchet de 1962, fondée sur de grands projets d’infrastructure communs, cohérents avec ceux que proposent la Chine et les BRICS. Utopie ? Retour en arrière ? Non, car c’est l’Europe de Bruxelles qui a trahi sa raison d’être. Le futur, c’est de bâtir avec ceux qui bâtissent, et si on ne commence pas par là, on se condamne à l’impuissance et au charabia politique. Il faut créer un environnement où les salaires et les marges des entreprises ne servent plus de variables d’ajustement !

• Le patriotisme économique, c’est en même temps contrôler la monnaie et le crédit pour l’orienter vers les entreprises qui produisent en France et vers nos start-up, et non vers les mastodontes qui font les trois quarts de leur chiffre d’affaires et de leurs profits à l’étranger.

Cela veut dire concrètement :

1) adopter une loi de séparation bancaire pour rompre la dépendance des secteurs de dépôt et de crédit envers les spéculations sur les marchés financiers ;

2) lancer une véritable politique de crédit public en réorganisant ce système bancaire de dépôt et de crédit autour d’une nouvelle Banque de France nationale, gouvernée par un Conseil national du crédit regroupant les forces vives de la nation ;

3) donner plus de moyens à la BPI (Banque publique d’investissement), de l’ordre de cent vingt milliards d’euros, pour alimenter les PME et les ETI ;

4) l’Etat et les collectivités locales doivent réserver une part de leurs appels d’offre aux entreprises nationales, à hauteur de 80 %, en vertu du principe de « produire mieux ». Dans ma démarche, le principe européen de respect d’une « concurrence libre et non faussée », qui n’est fondée que sur le prix et non sur les effets économiques d’ensemble, n’aura plus lieu d’être face à notre intérêt général ;

5) promouvoir le label « Origine France garantie », qui est la référence pour ce qui est réellement produit sur notre territoire ;

6) nationaliser en fonction des besoins et au cas par cas les entreprises qui déterminent nos enjeux stratégiques. Les chantiers navals de Saint-Nazaire, les seuls à pouvoir fabriquer l’armement nécessaire à notre indépendance nationale, sont un exemple de cet impératif.

7) créer un vrai ministère de l’Industrie, de la Recherche et de l’Innovation.

• Mettre en place une « TVA protectrice ». Dans le cadre d’une hausse du SMIC de 20 %, qui se fera au rythme auquel nos productions nationales seront en mesure de répondre à l’accroissement de la consommation, augmenter la TVA de trois points, hors produits de première nécessité (« panier de la ménagère »). Il s’agit de protéger nos entreprises, en taxant les importations sans entraver nos exportations. Cette mesure n’a de sens que dans ce contexte, annoncée, expliquée et négociée avec les représentants syndicaux et patronaux.

Réorienter l’épargne de l’assurance-vie et des livrets vers nos entreprises en créant un crédit d’impôt industries-régions, attirant les investisseurs là où ils verront les effets de leurs investissements. En même temps, redéployer le crédit d’impôt recherche vers les PMI et les ETI productives, pour qu’il ne bénéficie plus aux créateurs d’algorithmes visant à rendre plus rentables les spéculations à la vitesse de la lumière.

• Je prendrai en même temps toutes les initiatives nécessaires pour que la France devienne un des lieux de la révolution 3.0 et 4.0 associée aux énergies de l’avenir, comme la fusion thermonucléaire, en collaboration avec la Chine et d’autres pays intéressés. En particulier, je soutiendrai la création d’une blockchain sur la place de Paris, qui permettra de financer et de contrôler les échanges financiers en toute sécurité.

Au sein de l’Europe refondée, je travaillerai à l’harmonisation fiscale et sociale, qui est impossible au sein de l’UE actuelle. Une vraie Europe sera celle des grands projets scientifiques, tournée vers l’Afrique et portée par une politique spatiale et de la mer. C’est là qu’avec les révolutions de l’énergie, du numérique et de la robotique, on pourra créer les emplois qualifiés du futur, à condition de s’y préparer dès aujourd’hui.

• Cela suppose de revenir à un enseignement primaire fondé sur les capacités créatrices de l’enfant, à un secondaire, à un universitaire et à de grandes écoles s’inspirant davantage du modèle suisse et finlandais. Je ferai dans ce contexte en sorte que le bac pro, rétabli sur quatre ans, devienne un facteur d’intégration et que l’apprentissage et l’alternance soient enfin respectés, notamment en aidant les CFA (Centre de formation des apprentis) à se mettre à l’heure des technologies du futur et des besoins réels des entreprises. Je généraliserai Erasmus pour les apprentis.

Tout cela ne pourra bien entendu se faire d’un coup. Mon but est d’ouvrir des pistes vers demain et après-demain, car arrêter la mainmise de la finance sur la mondialisation est un impératif catégorique pour l’avenir de nos enfants et des générations futures. Ce que je propose n’est pas facile, mais aller comme on va conduit au désastre. Je suis convaincu que si nous introduisons ces propositions dans une dynamique présidentielle, un sursaut est possible. Le Brexit, l’élection de Donald Trump et le « non » au référendum italien ouvrent le jeu, pour le meilleur ou pour le pire.



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