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    vendredi 25 mars 2011

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    Jacques Cheminade
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    jeudi 15 décembre à 19h30

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    La réussite de notre nation « ne passera que par une mobilisation collective nourrie par un projet d’ensemble et une vision dont les valeurs et les espérances méritent l’engagement de chacun ». Médiateur de la République depuis six ans, Jean-Paul Delevoye s’est ainsi exprimé dans son dernier rapport annuel. Pour la seconde fois, un homme qui n’est ni un dissident ni un polémiste met en garde les responsables de notre pays :  « Les enjeux déterminants pour notre avenir ne trouvent pas de réponse politique à la hauteur. Les débats sont minés par les discours de posture et les causes à défendre noyées parmi les calculs électoraux […] Il nous faut retrouver le combat pour les causes alors que nous pensons tous à la défense de nos intérêts et de notre confort […] Nos sociétés sont régies par trois grands sentiments – les peurs, les espérances, les humiliations - ; les espérances actuelles sont creuses et fragiles ; tandis que les droites gèrent les peurs, les gauches cultivent les humiliations. »

    Les cantonales de dimanche, avec une abstention record et une poussée du Front national, illustrent cette « fatigue » de la société.

    En effet, les abstentions se sont élevées à 55,67% en métropole, faisant des abstentionnistes le premier parti de France. Ceux qui ont le moins voté sont les jeunes de 18 à 24 ans (76% d’abstentions), les 25-35 ans (72%), les 35-44 ans (61%), les employés (63%) et les ouvriers (67%). Toute une partie de notre pays, celle qui souffre et qui doute, les quelque 10 millions de personnes qui vivent avec moins de 950 euros par mois, les quatre Français sur dix qui pensent connaître une période de chômage dans les années à venir, les 15 millions de personnes pour lesquelles les fins de mois se jouent à 50 ou 100 euros près, vont de moins en moins voter. Les classes tout juste moyennes, frappées de plein fouet par la hausse des prix, n’en peuvent plus d’une politique qui n’est pas faite pour elles, et c’est encore pire dans les quartiers dits « sensibles », où l’abstention atteint 70 voire 80%.

    Le vote Front national apparaît alors soit comme l’expression d’une peur, soit comme une revanche contre les autres. Il atteint plus de 20% là où ses candidats étaient présents.

    Le mal est donc très profond. Ceux qui ont porté cette situation sur ses fonts baptismaux, de droite ou de gauche, puisque les deux ont pendant longtemps manipulé le « lepénisme », appellent maintenant au « vote utile » sans rien changer ou presque à leur comportement. Là est le véritable scandale.

    La gauche n’a pas pris en compte les intérêts économiques des milieux populaires, donc du cœur de la France, et la droite a joué à fond la carte de la mondialisation financière, bling bling avec Sarkozy ou BCBG provincial avec Fillon-Juppé. Ni l’une ni l’autre ne proposent de projet ou de vision. C’est plus grave pour la gauche, car ce devrait être sa mission. Quand on voit Michel Wievorka, proche de Martine Aubry, identifier la « prochaine gauche » à celle de Barack Obama, tentant de conjuguer le social avec sa réforme de la santé et la green economy , on est édifié sur ce qui pourrait nous attendre de ce côté-là : une austérité verte en pleine crise mondiale.

    Cette situation justifie ma candidature aux élections présidentielles. Le pacte pour l’euro inspiré par Sarkozy-Merkel est un désastre humain, et le chauvinisme bonapartiste du FN son pendant. Il faut une voix qui tranche, se situant au niveau du projet et de la vision, alors que le système financier mondial se désintègre et que nous entrons dans une phase de grand défi que nous jette la nature. Passons donc aux choses sérieuses, mobilisons les capacités créatrices de l’homme et recréons ainsi un sursaut d’espérance.

    Jacques Cheminade