Se libérer de l'occupation financière
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Nouvelles frontières

Pour une écologie responsable et humaine

Pour la première fois, l’humanité représente une force géologique à grande échelle. L’homme peut et doit rebâtir son milieu de vie par son travail et sa pensée, le transformant de plus en plus par rapport au passé. Des possibilités créatrices s’ouvrent de plus en plus largement devant nous. (…) La grande forme nouvelle d’énergie biogéochimique que constitue le processus de travail de l’espèce humaine dans la biosphère (…) est dirigée de façon complexe par la pensée humaine – la conscience. Il est remarquable de constater que la croissance des machines – intelligence capitalisée – au cours du temps, au sein de la structure de la société humaine, suit aussi une progression géométrique, tout comme la reproduction de la matière vivante, y compris les êtres humains.

(Vladimir Vernadski, bio-geochimiste russe)
 
 

Aujourd’hui, l’écologie est devenue un enjeu politique, économique et culturel. Cependant, le mot recouvre deux visions diamétralement opposées de l’être humain.

La première postule qu’il faut sauver la planète en économisant ses ressources, qui seraient nécessairement finies. Au sein de cette conviction, certains exigent une croissance zéro ou une décroissance.

D’autres croient possible une « croissance verte », fondée sur des technologies « douces », c’est-à-dire moins denses. Tous cependant, partant de cet axiome que la « capacité de charge » de la Terre est limitée, aboutissent à promouvoir une baisse de la consommation matérielle dans les pays développés et un contrôle des effets de l’industrie sur la nature dans les pays non développés ou émergents, tel qu’il ne permettrait pas le développement.

La conclusion qu’en tirent ceux qui vont jusqu’au bout du raisonnement est qu’il faudra limiter la population humaine sur la planète par tous les moyens. Les promoteurs les plus extrêmes de cette vision, comme l’était le commandant Cousteau, et tous ceux qui les encouragent et les financent, appellent à réduire la population terrestre à moins d’un ou deux milliards d’êtres humains par des « mesures appropriées ». Il s’agit donc d’une conception malthusienne et anti-populationniste, aboutissant à des conséquences criminelles si l’on suit jusqu’au bout sa logique.

Aujourd’hui, le mot écologie recouvre deux visions diamétralement opposées de l’être humain.

La seconde vision de l’écologie, celle que je défends car elle seule permet de concevoir un avenir pour notre espèce, établit que les « lois intangibles » ne sont que des contraintes momentanées, qui peuvent être dépassées par des découvertes de principes physiques nouveaux, appliqués sous forme de technologies plus denses (c’est-à-dire produisant davantage par être humain, par surface donnée et par gramme de matière utilisée) dans un processus de développement harmonieux.

L’homme n’est pas un fléau destructeur de ressources, mais un créateur capable de changer volontairement son environnement pour le rendre plus apte à être peuplé. Il y a une ressource inépuisable, qui est la capacité créatrice de l’être humain.

Ainsi, la question écologique légitime – quel monde allons-nous laisser aux générations futures ? – ne peut être résolue en revenant à des formes d’énergie moins denses, mais en rebâtissant notre milieu de vie par notre pensée et notre travail.

Le progrès technique associé à l’aménagement des milieux a été la signature de l’histoire humaine, et les rejeter revient à rejeter notre part d’humanité, nos propres réalisations. L’histoire de l’humanité a toujours tendu à davantage d’hommes vivant relativement mieux et plus longtemps.

La croissance démographique est toujours allée de pair avec le progrès économique et social, l’amélioration des conditions de vie pour les générations futures. Sur la longue période, le potentiel de densité démographique relatif s’est toujours accru de plus en plus rapidement : dans la société de chasseurs et de pêcheurs de la préhistoire, il s’élevait au mieux à dix millions d’êtres humains et à une espérance de vie inférieure à vingt ans en moyenne ; dans notre société industrielle avancée, en étendant simplement le bénéfice des techniques actuelles à l’ensemble des habitants de notre planète, ces chiffres pourraient d’ores et déjà dépasser 25 milliards et 100 ans.

Je suis pour une écologie humaine dégagée de son entrave malthusienne destructrice.

Je tiens, pour commencer, à souligner ce point fondamental, qui me situe dans le droit fil de la pensée du biogéochimiste russe Vladimir Vernadski car, dans la confusion actuelle, ceux qui aujourd’hui exercent le pouvoir financier dans le monde tentent d’empêcher un débat clair en le réduisant à un affrontement entre « scientistes » à la Claude Allègre, d’ailleurs lui-même criant au danger démographique, et « écologistes verts » pour qui sortir du nucléaire est le premier commandement. J’en tire les conclusions suivantes :

  • Le pensant est capable d’orienter le vivant en découvrant les lois de son développement et donc en introduisant, à partir de ces découvertes de principes physiques nouveaux, des modes de production plus denses et des produits nouveaux permettant d’en étendre le champ. Ainsi l’objectif d’une véritable politique écologique, celle d’une écologie humaine dégagée de son entrave malthusienne destructrice, est de promouvoir les conditions de maintenance et de développement des infrastructures – recherche, santé publique, éducation, services publics, grands travaux – nécessaires pour améliorer les conditions de vie pour tous et donc la capacité d’accueil de la biosphère. Plus encore, les découvertes nouvelles et leurs applications technologiques permettront à l’homme de parvenir à un niveau plus élevé de compréhension des lois de l’univers et de maîtrise de son destin : la véritable écologie consiste à construire des plateformes de développement culturelles et matérielles capables d’ouvrir les portes de l’avenir.
  • C’est pourquoi je soutiens le nucléaire comme un moment nécessaire de ce processus humain. Je suis favorable au développement du nucléaire non comme une somme de procédés fixes ou une exception financièrement « rentable » à un moment de l’histoire, mais comme une physique engendrant des modes d’action sur la nature de plus en plus denses, par unité de surface et par être humain employé. Sans l’apport de l’énergie nucléaire, aucune reprise de l’économie mondiale ne sera possible et le tiers monde sera condamné à la misère. Le recours au four solaire est nécessaire en Afrique sahélienne, pour éviter d’utiliser le bois comme combustible, détruisant ainsi les remparts forestiers à l’avancée du Sahara, mais le solaire et le nucléaire ne peuvent jouer dans la même division. Seul le nucléaire peut permettre à terme d’alimenter les grands projets nécessaires au développement. Il s’agit d’une question de justice économique et sociale qui rejoint – par le haut – le défi écologique.
Je soutiens le nucléaire comme un moment nécessaire de ce processus humain, mais quel nucléaire ?
  • La vraie question qui se pose est : quel nucléaire ? Les types de réacteurs à mobiliser aujourd’hui sont ceux de la quatrième génération, à haute température, refroidissement gazeux et sécurité intrinsèque, et à neutrons rapides. Ensuite, l’on passera à la fusion, dans deux générations, puis un jour peut-être à la maîtrise des réactions matière/antimatière. En ouvrant le jeu, et non en mettant tous les œufs dans le même panier de la fusion par confinement magnétique, et en poussant les feux de la fusion par confinement inertiel (par laser). Cela prendra beaucoup de temps. Oui, mais l’horizon est là, et si l’on ne commence pas tôt, on ne va nulle part.
  • Les propositions de sortir du nucléaire ou d’en réduire la part en 10, 20 ou 30 ans sont absurdes. Faudrait-il attendre aussi longtemps si le nucléaire était si dangereux ? Ne serait-ce pas criminel de prendre un tel risque ? En fait, le vrai défi pour l’avenir est de maintenir la sécurité et le contrôle du nucléaire existant, tout en mettant en place des centrales de conception plus avancée. Si on garde les critères de rentabilité financière actuels, si on ne fait pas progresser les techniques et si on laisse se développer des sous-traitances en cascade à bas prix, on aura, dans ces conditions, de très sérieux ennuis.
  • Le problème n’est donc pas le nucléaire, mais la priorité financière à court terme qui s’infiltre partout et la baisse des compétences faute de formation appropriée. Je me battrai contre cette obsession absurde de rentabilité à court terme, qui se paye toujours très cher à long et moyen terme. Les nucléocrates ont le tort de s’adapter à cet environnement et de s’ériger trop souvent en administrateurs, s’identifiant à leur technique à un moment donné et non à la dynamique de développement de la science.
L’amélioration écologique du milieu de vie humain est indispensable. Tout d’abord dans les transports.

Dans ce contexte d’une économie en développement au service de l’homme, et non d’une rentabilité financière à court terme destructrice et/ou d’un bond en arrière, il est clair que l’amélioration écologique du milieu de vie humain est indispensable. Tout d’abord dans les transports : une politique de transports publics plus ambitieuse, dans les cadres urbain et interurbain, doit être lancée. On ne peut plus tolérer les embouteillages sur les grands axes d’accès et les périphériques de toutes les grandes villes, ainsi que les problèmes de stationnement à l’intérieur. Je défends le retour, avec des moteurs de la génération actuelle, à l’aérotrain de l’ingénieur Bertin, l’extension du ferroutage pour éviter l’encombrement par les camions et le financement avec des aides publiques de la voiture à hydrogène, dont la production en masse permettra de diminuer fortement la pollution. Je suis aussi partisan, grâce aux transports terrestres à grande vitesse, de type aérotrain et maglev, de réduire au maximum les vols continentaux de moins de 1500 kilomètres. La construction d’un aéroport comme Notre-Dame-des-Landes correspondrait ainsi à une conception dépassée du transport à laquelle je m’oppose.

  • Il y a en outre dans notre société une surconsommation d’objets inutiles, notamment dans le domaine des produits de beauté, de communication, de ménage ou de tourisme, qui est volontairement entretenue. La publicité, d’une part, vise à entretenir l’être humain dans un état d’attraction pour le physique, le sexe et la violence, et les objets sont fabriqués pour une durée de vie relativement brève, pour qu’il y ait rachat plus ou moins contraint. Mon projet combat cette forme de société en portant une autre conception de l’homme, celle de son attachement à une amélioration du milieu de vie collectif et des conditions d’existence pour les générations futures.
  • L’isolation thermique des logements doit être accélérée car il s’agit d’une importante source d’économies d’énergie pour le chauffage. En même temps, on doit continuer à développer le solaire à usage thermique car il s’inscrit dans une logique de proximité.
Il y a en outre dans notre société une surconsommation d’objets inutiles.

Je mène une vie sobre, sans doute bien plus sobre que celle de nombreux écologistes « officiels » qui laissent leurs empreintes dans divers lieux de vacances exotiques. Je distingue cependant sobriété et austérité  : un certain pétainisme du retour à la terre et aux énergies douces, de type « bourgeois bohême », me paraît l’autre face de la course à la consommation d’illusions et d’images entretenue par l’idéologie dominante du court terme. C’est ici que de grands chantiers, de grands projets et l’impératif extraterrestre d’une exploration spatiale (cf. ma section « L’espace, impératif économique et culturel ») seront le levier pour sortir de la fixation sur les objets, du repli sur soi et de la recherche du bonheur dans un pré carré. La consommation se réorientera alors vers des objets utiles, permettant de réduire le travail physique contraint pour passer à un travail impliquant pensée et réflexion : à une sobriété du mode de vie physique correspondra une recherche du plaisir intellectuel. L’éducation mutuelle (cf. ma section « L’éducation, une nouvelle frontière pour la France ») sera le support de cette écologie de la découverte.

Ma conviction profonde, celle de mon combat, est donc qu’il faut changer totalement de point de vue : passer d’une écologie malthusienne à une écologie humaine, fondée sur l’idée de responsabilité vis-à-vis de l’homme et de la nature. Une nature violée ou abandonnée se venge toujours sur ceux qui ne vivent pas en accord avec son principe de développement continu en améliorant la biosphère. Je le dis franchement : continuer le pillage financier et/ou adopter un écologisme antihumain conduirait notre société au pire, faute d’un joyeux effort de création de tous.



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