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    Pour être fidèles à Jean Zay

    mardi 19 mai 2015

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    Jacques Cheminade
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    jeudi 15 décembre à 19h30

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    Déclaration de Jacques Cheminade

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    Nous ne partageons pas les invectives de la droite contre la ministre de l’Éducation. Nous ne partageons pas les invectives de la ministre de l’Éducation contre les « pseudo-intellectuels ». Nous ne voulons pas d’un enseignement au rabais qui pousse les parents de milieux privilégiés à mettre leurs enfants dans le privé. Nous ne voulons pas d’un enseignement élitiste qui permet, à coup de filières, de dénaturer l’enseignement public. Nous ne voulons pas d’un pays soumis à la réussite par l’argent et qui ne respecte pas ses enseignants.

    Nous voulons l’émancipation des capacités créatrices de tous, avec une Éducation recevant les moyens financiers et humains pour être vraiment nationale.

    Cela veut dire essentiellement :

    1. donner un enseignement de l’histoire qui permette de connaître notre identité nationale, non comme une idée fixe mais comme un principe qui se transforme, s’élargit et s’élève dans le temps : oui à l’enseignement de l’islam en cinquième mais oui aussi à l’enseignement de la Renaissance, des Lumières de l’Est et de l’Ouest, de la France libre et de la Résistance, de Moulin et de Guingouin ;
    2. non à une sélection exclusivement fondée sur les formules mathématiques, oui au développement des sciences physiques inspirant les chercheurs et les ingénieurs, qui constituent les fondements réels de nos capacités économiques ;
    3. conserver et protéger notre enseignement des humanités, non comme privilège d’une classe ou d’une caste, mais comme moyen de comprendre les sources de notre connaissance et de produire des citoyens libres et solidaires ;
    4. oui à la création d’un « sas » au niveau de la sixième pour permettre à tous de rattraper les niveaux requis, en mettant un terme aux redoublements et aux parcours scolaires sans l’acquisition des bases nécessaires, qui sont deux maux de même origine ;
    5. créer deux heures quotidiennes d’études en commun pour mettre chacun dans la même condition pour apprendre, quelle que soit l’origine familiale, et rétablir ainsi une mixité sociale vécue ;
    6. oui à l’accompagnement personnalisé des élèves en difficulté, oui au tutorat et aux RASED, oui à l’organisation d’une éducation mutuelle au sein de laquelle les meilleurs élèves enseignent aux autres ;
    7. non à la réunionite, oui à la coopération et au suivi des élèves par l’ensemble du corps enseignant de l’établissement ;
    8. introduire l’enseignement systématique des arts, en particulier du chant choral, à l’école, dès le primaire, pour inspirer une vie enrichie d’échanges sociaux et de mots pour dire ses émotions les plus profondes, source des pouvoirs créateurs ;
    9. commencer à apprendre à s’exprimer, chanter, lire, écrire, compter et coder, pour fournir à tous les moyens de construire un monde dans lequel nos enfants et petits-enfants pourront vivre mieux que nous-mêmes.

    Pour parvenir à cela, il faut des ressources, humaines et financières. Mieux préparer, mieux payer et mieux faire respecter les enseignants. Cela coûtera un peu, mais cela coûterait encore bien plus de ne pas le faire. Arrêtons donc d’échanger des noms d’oiseaux et travaillons à ce que nos enfants méritent. La société commence par l’école, par l’amour de la connaissance acquise en commun et non par l’obsession d’acquérir des objets. L’école ne doit pas s’adapter à la société, mais inspirer ce qu’elle doit devenir.

    Jean Zay rentre au Panthéon le 27 mai. Soyons au moins fidèles à son message, refondons une culture de la démocratie partagée, de la vie et de la découverte, pour tous. C’est possible, cela s’appelle même la République.