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    jeudi 22 mai 2014

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    Jacques Cheminade
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    jeudi 15 décembre à 19h30

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    L’édito de Jacques Cheminade

    A cette heure de l’histoire mondiale, la guerre menace. L’oligarchie envisage le recours aux armes comme instrument de chantage pour maintenir son pouvoir, même si c’est en éliminant une partie de l’humanité. Certains économistes, adeptes de la destruction créatrice de Joseph Schumpeter, pensent même que les conflits peuvent être bons pour l’économie. Le plus grand nombre, lorsqu’il se mobilise, manifeste contre la violence destructrice de la guerre.

    Or la conception d’une « paix négative » n’a jamais pu empêcher la guerre. Car elle ne change pas les conditions qui y ont conduit. Arrêter l’escalade vers un conflit thermonucléaire exige aujourd’hui une dimension supérieure. Il s’agit de créer les conditions économiques, sociales et culturelles d’un développement mutuel, d’une « paix positive ».

    Cela signifie mettre en œuvre une politique d’équipement de l’homme et de la nature à l’échelle mondiale. Des transports terrestres à grande vitesse pour désenclaver les territoires, la promotion de découvertes scientifiques et l’application de technologies nouvelles plus productives par être humain pour permettre de maîtriser les ressources en eau et d’accroître la production de nourriture. Une grande politique de santé publique, de recherche et d’éducation nationale doit remplacer notre société d’exploitation, d’exclusion et de spéculation.

    C’est en se situant ainsi dans le futur et non dans la tradition du passé ou l’extrapolation du présent qu’on peut continuer notre histoire sans nous détruire.
    Concrètement, l’Ukraine ne peut être sauvée que par la Russie et les pays européens ensemble. En créant les conditions du développement de l’Atlantique à la mer de Chine, fondé sur la production d’énergie et les types de technologie à haute densité de flux, permettant de faire plus pour tous avec moins. L’énergie, c’est aujourd’hui le nucléaire, en progressant vers la fusion thermonucléaire. Le travail, c’est le recours à la robotisation et au numérique, non pas pour en « réduire le coût », mais pour en développer des formes inédites, offrant aux femmes et aux hommes des activités de recherche et non de répétition mécanique de gestes ou d’application de formules.

    Sergeï Lavrov, ministre des Affaires étrangères de Russie, a déclaré : « Nous n’opposons pas une intégration eurasienne à d’autres projets d’intégration, en particulier ceux qui se déroulent sous l’égide de l’Union européenne. (…) Comme le président Poutine l’a déclaré, notre objectif stratégique est de créer à l’avenir un espace humanitaire et économique unifié de l’Atlantique au Pacifique, au sein duquel tous les pays de l’UE et tous les futurs membres du processus d’intégration eurasien, ainsi que les autres pays de cette région, pourront coexister et coopérer dans leur intérêt mutuel. » Il faut le prendre au mot, car nous n’avons pas d’autre choix.

    La campagne des élections européennes est la preuve que si ce sujet fondamental n’est pas abordé, au mieux on parle en l’air, au pire on se suicide ensemble. La Grèce est à nos portes. Oui, nous dit-on, mais que peut faire la France seule ? Eh bien, elle doit donner l’exemple. L’exemple d’une vraie politique d’assainissement financier et de crédit public, l’exemple du courage en affrontant le système de l’Empire britannique, ses mégabanques, sa City et ses paradis fiscaux. C’est le rival à la mesure de notre histoire, c’est lui qu’il nous faut vaincre pour réaliser le nécessaire grand dessein. Il est temps que, comme de Gaulle en 1962, lorsqu’il parlait au peuple allemand, nous nous adressions sans langue de bois aux peuples européens et du monde. Je reviens aujourd’hui du Quercy et du Périgord ; un simple moment de beauté à Carennac rappelle que cette parole inspiratrice a été possible dans notre histoire et doit le redevenir demain. En se vouant à l’espérance de tous, la France n’est jamais seule.


    L’édito de Jacques Cheminade est publié tous les 15 jours dans le journal Nouvelle Solidarité.