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Ouest France : Cheminade plaide pour la sortie de l’euro

samedi 1er avril

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Le 29 mars, Jacques Cheminade a accordé un entretien au quotidien Ouest France. Introduction du journal : « C’est sa troisième candidature à l’élection présidentielle. Sa cible : la finance, accusée de ne plus financer l’économie réelle et de privilégier le court terme. Entretien avec Jacques Cheminade. »

Cheminade plaide
pour la sortie de l’euro

Source : Ouest France

Vous Président, quelle serait votre première décision lors de votre entrée à l’Élysée ?

Je convoquerais une grande conférence sur l’emploi. Tous les acteurs, des syndicats à ceux qui réfléchissent aux emplois du futur, y seraient associés. Ce serait un pari sur l’avenir au service de l’école, des laboratoires, de la santé, de l’industrie. Ce dernier mot, l’industrie, on l’a malheureusement peu entendu dans cette campagne présidentielle. On a aussi très peu entendu le mot de culture. Je porte aussi trois ambitions : l’espace, la mer et l’Afrique.

Des projets qui supposent des investissements. Comment assurez-vous leur financement ?

Qui contrôle le crédit contrôle l’économie. Aujourd’hui, ce sont les marchés financiers qui sont en position de force. Cette financiarisation de l’économie entraîne une culture du gain immédiat. Pour réussir, il faut sortir de l’Europe telle qu’elle est.

Vous voulez sortir de l’euro ?

Oui. Un jour, on reviendra à une monnaie unique mais liée à des projets, des développements. Ce n’est pas le cas aujourd’hui. C’est l’Europe courroie de transmission des marchés financiers qu’il faut combattre. Cette Europe est très loin de celle des pères fondateurs et même de celle de Jacques Delors.

Mais ces marchés financiers si puissants et que vous dénoncerez seraient en position de force ?

Contrairement à ce que certains disent, la sortie de l’euro n’aggraverait pas notre dette. 97 % de nos accords sont en droit français. En revanche, en ce qui concerne les intérêts du futur, c’est vrai, c’est autre chose.

Comment faire face à une dette qui va peser sur les générations futures ?

Un tsunami financier se dessine. Quoi qu’il arrive, la dette actuelle ne peut plus être remboursée. Elle est aujourd’hui trop élevée. Il y a trois manières d’y faire face : l’inflation, la déflation ou une conférence internationale. On peut imaginer un moratoire et l’annulation de certains emprunts.

Vous n’êtes pas tendre avec François Hollande ?

Il n’a pas tenu sa promesse du Bourget. Pour les banques, François Hollande n’a pas séparé les activités de dépôt-crédit de celles liées aux investissements sur les marchés financiers. Maurice Allais, notre prix Nobel d’économie, avec lequel je ne suis pas d’accord sur tout, plaidait aussi pour cette séparation. J’ajoute que François Hollande ne s’est pas non plus attaqué aux produits financiers dérivés. Frédéric Oudéa, le patron de la Société Générale, le dit lui-même. Les mesures prises n’ont affecté que 0,75 % de ses activités. Mais, qu’on se comprenne bien, je n’ai rien contre les banques dès lors qu’elles investissent dans l’économie réelle.

Vous voulez donner le droit de vote dès l’âge de 16 ans ?

Oui, je suis pour une majorité électorale et pénale à 16 ans. Le moment est venu. Cela impliquerait un accompagnement civique et philosophique à l’école. Je suis d’ailleurs aussi favorable à l’apprentissage de la philosophie dès l’âge de 12 ou 13 ans. En Amérique du Sud, où je suis né, c’est ce que faisaient certaines écoles et ça marchait bien.

Vous avez fait HEC, l’ENA et représenté la France à New York avant de tout lâcher. De quoi vivez-vous ?

Quand j’ai tout arrêté à 41 ans, j’avais des économies. Puis j’ai bénéficié d’un héritage et j’ai été consultant. Aujourd’hui, j’ai une petite retraite.

C’est votre troisième candidature à l’élection présidentielle. La dernière ?

Oui. J’ai beaucoup de jeunes autour de moi qui sont prêts à reprendre le flambeau.


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