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    lundi 27 octobre 2014

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    Jacques Cheminade
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    jeudi 15 décembre à 19h30

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    L’édito de Jacques Cheminade

    Les philologues nous disent qu’Europe vient de l’assyrien erebu, crépuscule, et du grec erebos, obscurité. Voici venu le moment de se rebeller contre le destin des appellations incontrôlées en redonnant un projet à notre vieux monde qui se meurt. Nous devons faire vite, car si le nouveau tarde à apparaître, nous entrerons dans « ce clair-obscur » où Antonio Gramsci voyait « surgir les monstres ». L’occasion nous est offerte par l’injonction de la Commission de Bruxelles exigeant plus d’austérité de notre part. C’est le moment de quitter cette Europe-là, devenue patrie de faux monnayeurs et de bureaucrates, reposant sur les deux piliers du libéralisme financier et du libre-échange, pour redonner un sens à l’avenir des nations européennes. Cet avenir ne peut se situer dans un repli national. La France, comme idée, se doit de se battre pour une vraie Europe, de l’Atlantique à l’Oural, s’appuyant sur une nouvelle route de la soie, de l’Atlantique à la mer de Chine. Face à la petitesse soumise de notre politique, nous devons redevenir patriotes et citoyens du monde.

    Voilà donc que la Commission émet un avis négatif sur notre « déficit public excessif ». Jeroen Dijsselboem, président de l’Eurogroupe et ministre néerlandais des Finances, estime que la France ne doit pas bénéficier d’un nouveau délai. « Comment ce délai a-t-il été utilisé les fois précédentes ? Il n’a pas été mis à profit. Donc nous ne devrions pas recommencer. » Ce père fouettard que notre gouvernement a contribué à élire s’est ainsi prononcé dans une conférence… à Washington. Même Manuel Valls a dû réagir : « C’est nous qui décidons de notre budget. Il faut respecter la France, c’est un grand pays. Moi je n’accepte pas les leçons de bonne gestion. »

    Belles paroles, mais c’est le même Valls qui vient de lancer aux banquiers de la City de Londres : « My government is pro-business ! » Terrible acte d’allégeance au cœur de l’impérialisme financier.

    Résultat de la politique pratiquée depuis quarante ans en France : non seulement notre industrie souffre de marasme, mais le commerce, dernier moteur de l’emploi, cale à son tour. « Au rythme actuel, plusieurs années seront nécessaires à l’inversion de la courbe du chômage », nous prévient David Cousquer, fondateur de Trendeo. Avec le krach financier désormais à un très proche horizon, ce sera bien pire si l’on continue comme on va. Déjà deux Français sur trois ont au moins un proche frappé par la misère.

    L’Expansion d’octobre avoue que la droite et la gauche, François Hollande comme Nicolas Sarkozy, sont d’accord sur le diagnostic comme sur le remède : il faut diminuer le coût du travail. Seule la posologie de cette folie sociale et de cette incompétence économique est différente : les programmes des trois candidats de droite sont encore plus destructeurs. Tous baignent dans une élite de technocrates nourrie au biberon libéral.

    Les Français croient de plus en plus à une explosion sociale (sondage Ifop Ouest-France Dimanche de fin 2013), mais ne savent pas où aller ni comment se battre.

    Notre mission est de les inspirer. Sortons donc ici et maintenant de cette Europe-prison qui n’est ni une Union ni vraiment européenne, et rejoignons l’élan des BRICS en lui donnant cohérence et profondeur. Les technologies nouvelles (fusion nucléaire, numérique, robotique, 3D, objets interconnectés…) sont là devant nous, à nous, permettant comme jamais dans l’histoire, l’émancipation individuelle et collective des facultés créatrices : un travail réellement humain. Aujourd’hui, dans la société des images manipulées et du crime organisé, elles sont utilisées pour abrutir. Une nouvelle Libération est nécessaire, pour la « cause de l’humanité ».


    L’édito de Jacques Cheminade est publié tous les 15 jours dans le journal Nouvelle Solidarité.