Libérons-nous de l'occupation financière
  • J’agis !
  • Archives

    « Vive l’amitié franco-allemande » pour ouvrir les portes du futur

    samedi 22 septembre 2012

    Partagez l'article

    Jacques Cheminade
    répond à vos questions

    En direct - Tous les mois

    Prochain Live
    jeudi 15 décembre à 19h30

    Page spéciale

    Déclaration conjointe de Jacques Cheminade et Helga Zepp-LaRouche, présidente du parti allemand Büso, à l’occasion du cinquantenaire du discours du général de Gaulle à la jeunesse allemande.

    « Vive l’amitié franco-allemande », « Longue vie à l’amitié franco-allemande » a déclaré Angela Merkel dans un discours prononcé le 8 juillet 2012 commémorant, à Reims, la célèbre rencontre de Gaulle/Adenauer d’il y a 50 ans. Le 22 septembre, les deux chefs d’Etat seront présents à la commémoration du 50ème anniversaire du discours de Charles de Gaulle à la jeunesse allemande, organisée officiellement à Ludwigsbourg.

    Nous nous réjouissons des accomplissements de ces deux géants du passé et de la réconciliation de nos peuples. Mais soyons honnêtes. Ces mots ne pourront devenir réalité au sein de l’actuelle Union européenne, qui fait de l’Europe un repoussoir dans le naufrage de nos politiques communes.

    L’amitié véritable est celle où l’on partage le bien qu’on offre ensemble à la cause de l’humanité. Notre mission est de créer les conditions de l’émergence d’une renaissance commune, de travailler ensemble pour l’avantage de l’autre, dans l’esprit du Traité de Westphalie de 1648. En tant que dirigeants politiques français et allemands, nous nous engageons d’autant plus à nous battre pour cette mission qu’aujourd’hui la paix mondiale est menacée et que notre continent subit une désintégration financière, économique et sociale.

    Dans ce but, nous saisissons l’occasion du début des festivités de l’année franco-allemande, lancée dès maintenant à Ludwigsbourg et de la rencontre Hollande-Merkel organisée à Berlin, le 22 janvier de l’année prochaine, pour commémorer la signature du Traité de l’Elysée.

    Trouvons dans les accomplissements du passé l’inspiration pour le futur ! De Gaulle et Adenauer avaient déclaré : « unis nous pouvons faire face à tous les défis, pour le bien de nos deux peuples et celui de l’Europe ». Cependant, ils ont aussi ajouté que leur « état d’esprit devrait être revitalisé par chaque génération. »

    Il est grands temps que nous fassions comme ils ont fait, donnant sens et prolongements au passé pour mieux inventer ensemble le futur. Notre engagement est celui de changer la façon de penser de nos concitoyens et de nos dirigeants, de les inspirer à servir les générations futures et non à gérer un système déjà mort.

    Ainsi déterminés, nous appelons ensemble à une refondation des relations entre nos deux nations, basée sur cinq points principaux :

    1. Lancer une politique de grands projets au niveau européen, eurasiatique et mondial, jetant ainsi un véritable « pont terrestre » de développement économique entre l’Europe de l’Est, la Méditerranée et l’Afrique, ainsi qu’une politique d’exploration spatiale. Seule cette approche peut créer les bases du futur de l’humanité, la plateforme des nouvelles découvertes et technologies appliquées permettant d’accroître le potentiel relatif de densité démographique, qui représente l’alternative à la politique brutale de dépopulation imposée par l’Empire britannique.
    2. Générer le crédit public dont ces projets auront besoin, au sein d’une alliance européenne de banques nationales, et non d’une banque centrale de banquiers comme l’est la BCE de Mario Draghi.
    3. Rendre cette politique possible en adoptant, comme point de départ, un Glass-Steagall global, c’est-à-dire la séparation totale entre banques de dépôt et banques d’investissements et d’affaires, et empêcher la relance du casino financier qui infecte l’Europe et entrave le lancement des grands projets et l’émission du crédit productif public.
    4. En finir avec le système de l’euro qui s’est avéré autodestructeur pour tous sauf pour les spéculateurs de la City de Londres, de Wall Street et leurs associées en Europe continentale. Sans un Glass-Steagall global, une relance économique est impossible et nous serions alors condamnés à une dépopulation et à une nouvelle guerre mondiale, pouvant cette fois-ci transgresser le seuil des armes thermonucléaires, ou les deux.
    5. Lancer une nouvelle renaissance culturelle, pour faire renaître tout ce que l’Europe a produit de meilleur pour inspirer le monde, non pas avec un faux orgueil, mais avec l’idée d’un bien précieux à partager avec l’humanité. Les bourses européennes ont été nommées Erasmus, Leonardo et Comenius, et le chœur de la 9ème symphonie a été choisi comme l’hymne européen. Tout cela est devenu, dans l’Europe actuelle, une sinistre plaisanterie. Notre engagement est de nous ressourcer dans ces œuvres précieuses du passé pour faire jaillir de nouvelles œuvres de beauté dans le futur.

    Nous devons jeter ce pavé dans la mare stagnante qu’est devenue l’Union européenne afin d’en changer le sens. Nous croyons dans la beauté des valeurs humaines qui fondent la culture européenne, un fondement qui a toujours manqué à ce Traité de l’Elysée. Au milieu de la tempête qui secoue actuellement le monde, ce sont ces valeurs qui inspireront les grands projets communs de l’humanité.

    Nous devons parler haut et fort aujourd’hui, car le silence de l’Europe et l’absence de perspective positive est en train de devenir le silence des agneaux.