Se libérer de l'occupation financière

Jacques Cheminade : « cessons de prendre les jeunes pour des enfants »

samedi 1er avril

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Le 28 mars 2017, le site jactiv.ouest-france.fr a publié un résumé des propositions de Jacques Cheminade pour les jeunes.

Présidentielle.
Ce que propose Jacques Cheminade pour les jeunes

L’élection présidentielle aura lieu les 23 avril et 7 mai 2017. Onze candidats sont en campagne pour accéder à l’Élysée et remplacer François Hollande. Nous avons demandé à tous les candidats de répondre à un questionnaire concernant leurs mesures pour les jeunes.

Voici les réponses de Jacques Cheminade, représentant du parti politique Solidarité et progrès.

Premier emploi

Quelles seront vos mesures pour aider les jeunes ?

Dans le contexte de libération de notre pays de l’occupation financière pour que l’argent arrête d’aller à l’argent et aille à l’économie réelle, je lancerai une grande conférence nationale sur l’emploi qui sera médiatisée pour faire connaître les filières et les corps de métiers qui manquent de bras. De même, dans les pôles emplois (qui seront placés sous la responsabilité des régions, avec des moyens accrus) chaque personne en recherche d’emploi devra pouvoir clairement, au premier rendez-vous avec son conseiller, recevoir une fiche synthétique des besoins du marché du travail de la région ainsi que le nombre de places qui existent pour les formations.

Pour aider les jeunes à trouver leur premier emploi, il faut aussi agir en amont en s’assurant que le jeune est bien orienté et, s’il découvre tardivement sa vocation, lui offrir une réorientation rapide et efficace. Pour cela, il faut d’une part que l’enseignant puisse connaître le monde de l’entreprise en favorisant, par exemple, des stages d’un an en entreprise ou dans un autre type de structure professionnelle pour les enseignants qui n’ont connu que le milieu de l’école. L’enseignant doit connaître l’évolution des secteurs demandeurs d’emplois et se former aux filières professionnelles. De l’autre côté, les visites d’entreprise, de fermes, de laboratoires de recherche... ainsi que la venue d’intervenants professionnels en classe pour faire connaître leur métier doivent se multiplier.

En aval, des aides ciblées à l’embauche de jeunes en entreprise doivent être pérennisées ou renforcées comme l’embauche de jeunes en CDI qui doit bénéficier à titre définitif, et non avec une limite dans le temps, d’une exonération de la cotisation d’assurance chômage.

Le chômage des jeunes

Comment comptez-vous le diminuer ?

Le chômage des jeunes est en grande partie un problème d’échec scolaire. C’est donc là aussi en amont que les choses se pensent. Je fais un certain nombre de propositions dans mon programme sur l’éducation et entre autres celles pour un état d’urgence de l’éducation.

Pour les jeunes très éloignés du marché du travail, le dispositif de « Garantie jeunes », réservé aux moins de 26 ans, piloté pendant un an par des missions locales et désormais étendu à toute la France, est une initiative excellente mais dont les conditions d’application doivent être améliorées. L’indemnité perçue par les jeunes, sous réserve de leur assiduité, doit être portée à 600 € par mois. Un suivi de leur accompagnement intensif doit être mis en place après l’année de prise en charge, notamment pour garantir que les entreprises les insérant assument le financement de leur formation.

Il faut également arrêter de brider les parcours différents mais efficaces que sont les Compagnons du devoir, les Maisons familiales rurales ou les Apprentis d’Auteuil. L’on s’y intéresse d’abord à la personnalité du jeune, ce qui est essentiel pour son insertion et sa formation.

Améliorer l’université

Quelles sont vos propositions ?

La priorité est d’arrêter le taux d’échec de 50 % la première année d’université. Pour cela, il faut équilibrer l’effort que le pays consent pour une classe préparatoire aux grandes écoles et une classe d’université, tout en accroissant la part de PIB (1,5 %) actuellement consacrée à l’enseignement supérieur. Ensuite, il est urgent de donner aux étudiants des premiers cycles universitaires un encadrement comparable à celui qui existe dans les classes préparatoires et les IUT.

Par ailleurs, je suis attaché à ce que des passerelles existent entre filières générales et filières professionnelles, car on doit arrêter d’opposer manuel et intellectuel. C’est le sens que je veux donner à la réindustrialisation du pays avec les technologies du futur (numérique, robotique, 3D, nanotechnologies...), une fois qu’il sera libéré du joug de Wall Street et de la City.

Enfin, l’autonomie renforcée des universités que je souhaite doit provenir d’une responsabilisation de celle-ci, avec un « exécutif » stable (la présidence) et un « parlement » respecté (communautés enseignante et étudiante).

Le numerus clausus des études de santé

Souhaitez-vous le modifier ?

Oui, le gouvernement actuel a pris une sage décision en l’augmentant, mais il faut aller plus loin. Pour rattraper les retards pris, redonner un essor aux filières déficitaires et compenser les départs massifs à la retraite d’ici 2020 et surtout 2025, je propose d’augmenter jusqu’à 10 000 le nombre de places offertes en médecine.
Erasmus

Quel est votre programme ?

Si je suis dur avec les technocrates de l’Union Européenne et l’Euro, je sais reconnaître quand l’Europe a su mettre en place une institution qui a sa raison d’être. En effet, la connaissance d’autres pays, notamment européens, est essentielle pour tous nos jeunes. C’est pourquoi j’insisterai pour que le financement des programmes Erasmus+ soit doublé d’ici 2020, quel que soit le sort institutionnel de l’Europe future. Le programme « Erasmus pro » doit, en particulier, permettre à un million d’apprentis de se former dans un autre pays européen que le leur.

Les logements pour les jeunes

Comptez-vous augmenter leur nombre ?

Oui, car je compte faire réhabiliter 500 000 logements et en faire construire 500 000 en plus par an. Il y en aura donc plus, y compris pour les étudiants. Sur ce total de logements construits, 150 000 doivent être dans l’immédiat des logements sociaux, et l’on doit viser 200 000 avant 2020 (il y a actuellement 1 million de demandeurs en attente !). Un effort supplémentaire doit être effectué en faveur du logement des étudiants et des apprentis. Pour les étudiants, l’allocation d’études que je propose, sous conditions de ressources, et le système prêt leur donnera les moyens de payer un loyer même si leurs parents ne peuvent pas les aider financièrement.

L’apprentissage

Quelles seront vos mesures ?

Pour les apprentis, je défends plusieurs mesures pour une insertion mieux réussie : réforme de la scolarité, dispositif « garantie jeunes » amélioré (évoqués plus haut) et l’ouverture du RSA aux 18-25 ans.

J’encouragerai également les organismes tels que les Compagnons du devoir, les Maisons familiales rurales, etc.

La culture pour les jeunes

Comment pensez-vous favoriser l’accès ?

Je propose la création de musées de l’imaginaire dans toute la France et un palais de la découverte par région pour rendre accessible les grandes œuvres picturales et sculpturales que l’Humanité a produite dans son histoire, sous forme de reproductions. Chaque palais de la découverte sera une infrastructure clé pour l’enseignement scientifique à l’école. Chaque palais sera équipé d’un planétarium et d’un télescope.

France TV deviendra une plateforme éducative fournissant en masse des contenus vidéo gratuits par Internet. Ses équipes seront dépêchées partout où quelque chose se crée, notamment auprès d’institutions publiques comme le CNRS et le CEA, les Opéras et les grands orchestres pour réaliser, avec les chercheurs, les ingénieurs et les artistes, des programmes visant à faire découvrir aux jeunes et au peuple en général ce qu’ils font, comment et pourquoi.

J’étudierai également les moyens de mieux financer le sport amateur et les équipements sportifs de proximité, car le sport est une pédagogie de l’effort et du respect, pas un jeu de cirque que l’on regarde à la télé.

Le droit de vote à 16 ans

Pour ou contre ?

Je suis pour qu’on accorde le RSA aux jeunes à partir de 16 ans, l’âge où je propose de leur accorder la majorité électorale et pénale. Dans notre société les jeunes doivent prendre leur responsabilité de citoyen tôt. Il faut que la société leur donne les moyens de le faire, ce qui suppose d’arrêter l’infantilisation des gens.

Un service obligatoire pour les jeunes (militaire, civique...)

Êtes-vous pour ?

Oui, je suis pour le rétablissement de la conscription. Sur une durée de six mois, les jeunes conscrits devraient recevoir une formation militaire élémentaire d’un mois. Ils seront ensuite affectés, selon leur choix, soit à un service civique (hôpitaux, aide au tiers-monde, participation aux grands chantiers, etc.), soit à un service dans les régiments de défense opérationnelle du territoire (DOT) avec, dans les deux cas, trois périodes de rappel pendant la vie, suivant le modèle suisse.

Un revenu de base pour les moins de 25 ans

Y êtes-vous favorable ?

Non. Par contre, je suis favorable à l’ouverture du Revenu de Solidarité Active aux jeunes de 16 à 25 ans. De plus, je mettrai en place une allocation d’études pour tous les étudiants s’élevant à 600 € par mois sur 36 mois, sous conditions de ressources et sous forme d’un capital utilisable tout le long de la vie mais seulement pour financer des études. Un système de prêt sécurisé de 300 €, à taux zéro, organisé ou garanti par les pouvoirs publics, permettra à l’étudiant de vivre avec une base garantie de 900 € par mois, pour lui permettre d’étudier à plein-temps sans devoir trop travailler par ailleurs.

Contrairement à ce que certains candidats prétendent, le travail salarié n’appartient pas au passé. Le travail humain a cette particularité d’évoluer. Le gouvernement que je formerai accompagnera cette mutation au profit des travailleurs. Son premier engagement sera d’engager avec moi une bataille contre ce que de Gaulle appelait « le monde de l’argent » qui considère le travail comme une marchandise.

Quelle sera votre première mesure pour les jeunes si vous êtes élu ?

Arrêter de les prendre pour des enfants.

Recueilli par Clémentine MERCIER.


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