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    Impossible n’est pas français

    mardi 17 mars 2015

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    Jacques Cheminade
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    jeudi 15 décembre à 19h30

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    L’édito de Jacques Cheminade

    Nous allons voter dimanche, tenus dans l’ignorance des compétences et des pouvoirs des conseillers départementaux que nous allons élire. Dans ces conditions, 50 % au moins des inscrits s’apprêtent à s’abstenir et 15 % à soutenir les candidats du Front national : au total, les deux tiers du corps électoral. Les Français ont donc bien compris qu’on se moque d’eux. Notre problème est qu’ils ne sont pas prêts à se mobiliser pour une conception plus élevée de la politique et notre défi est de les inspirer pour qu’ils le fassent.

    Au sein de notre pays, aucune espérance n’est réellement offerte, les uns se soumettant à l’austérité financière et les autres proposant un repli national sans horizon. Les maires et les conseillers de demain sont face à une société qui se déchire, se démoralise et se corrompt. A gauche, faute de projet, Manuel Valls brandit l’épouvantail de Marine Le Pen, tout en lui fournissant par sa politique les mécontents dont elle se repaît. La droite UMP, faute de valeurs, se prend les pieds dans le tapis FN. De Nicolas Sarkozy à François Hollande, on est passé d’un chef de bande à un chef de bureau, et Marine Le Pen rit de se voir si belle dans le miroir des promesses qu’elle ne pourra pas tenir, des barbelés nationaux qu’elle propose de dresser et de la peine de mort qu’elle veut rétablir. Jean-Luc Mélenchon rêve d’une alliance avec des écologistes en chute libre et d’énergies rustiques pour assurer notre futur, professant les vérités stériles d’un Schtroumpf grognon.

    Alors quoi ? Les Français attendent une décence minimum, une politique digne d’êtres humains. Que l’argent aille à la santé, à l’emploi et à l’école, et non aux spéculations destructrices et au remboursement de dettes illégitimes. Ils savent que si nous continuons ainsi, nous serons bientôt tous des Grecs. Comme le fait aujourd’hui Athènes, il faut donc non seulement résister, mais défier le système qui nous détruit. Non pas seuls, mais avec tous les alliés possibles en Europe et dans le monde.

    Ceci exige une politique de séparation bancaire chez nous. Car si on ne coupe pas les banques en deux pour prendre le contrôle de la source financière, on ne peut pas alimenter le progrès, la solidarité et sauver l’Etat de droit.

    Cependant, on ne peut le faire seuls. C’est pourquoi nous devons lancer une politique internationale cohérente avec notre ambition nationale. Charles de Gaulle disait qu’une nation n’a de sens que si elle sert la cause de l’humanité en se battant pour le progrès commun. Il avait raison, et ses successeurs ont eu tort en se faisant les serviteurs d’un monde atlantique gangrené par la régression culturelle et la réaction oligarchique. Alors, au moment où la Chine et les pays membres des BRICS, le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud, pratiquent une politique de rupture avec ce système mortifère en la fondant sur de grands projets, le moment est venu de nous joindre à eux pour construire l’alternative internationale, qui créera les conditions d’un changement de direction de notre politique intérieure. Nous joindre, non pour prendre le train en marche, mais pour que l’inspiration du meilleur de notre histoire lui apporte une direction. Pour que l’Ukraine devienne un pont entre la Russie et l’Europe occidentale, la Russie un pont entre l’Europe et l’Asie, et que les Etats-Unis retrouvent leur raison d’être en apportant la dimension d’un Pont terrestre mondial.

    Impossible ? Oui, au nom de ce que nous avons accepté depuis plus de quarante ans. Non, si nous considérons qu’impossible n’est pas Français et que le futur de notre pays comme celui de l’humanité, a toujours dépendu de ce qui paraissait impossible avant de l’avoir fait. Nous pouvons faire mieux que les générations passées si nous nous inspirons non de ce qu’elles ont accompli mais du combat qu’elles ont dû mener pour y parvenir.


    L’édito de Jacques Cheminade est publié tous les 15 jours dans le journal Nouvelle Solidarité.