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    Hollandreou

    lundi 16 juillet 2012

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    Jacques Cheminade
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    jeudi 15 décembre à 19h30

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    La rigueur économique et sociale, c’est maintenant ! La perte de notre souveraineté budgétaire, c’est aujourd’hui ! Dans le tout Paris cynique et à Londres, on ne se gêne plus pour railler « Hollandreou ».

    MM. Ayrault et Hollande veulent faire les choses sans les mots qui fâchent. « Ne prononcez pas le mot rigueur », « n’hésitez pas à dire que c’est l’héritage » répètent-ils, en se gargarisant de « réalisme de gauche ». Précaution dérisoire : les Aulnay éclatent, les plans sociaux se multiplient et l’impuissance de ceux qui nous gouvernent s’affiche dès leurs cent premiers jours.

    Lors du séminaire budgétaire du 29 juin, le Premier ministre a annoncé le gel en valeur absolue des dépenses de l’Etat, hors charge de la dette et pensions. Les ministres devront procéder à une baisse totale de leurs dépenses de fonctionnement et de leurs dépenses discrétionnaires de 15 % sur trois ans. Pour les « dépenses d’intervention », il faudra faire « un effort de même ampleur ». Le gel affectera également les subventions aux opérateurs de l’Etat (universités, CNRS, CEA…) et les dotations aux collectivités locales. En matière d’effectifs, hormis la création de quelques postes dans l’enseignement, la police, la gendarmerie et la justice, la diminution moyenne sera de 2,5 % par an partout ailleurs. Deux emplois sur trois ne seront plus remplacés ! Ainsi s’entame ce que Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France, appelle la « grande réforme du marché du travail ».

    En 2013 ce sera pire, puisque selon l’audit de la Cour des comptes, l’Etat va devoir réaliser entre 33 et 40 milliards d’économies supplémentaires pour tenir la promesse faite à l’UE de réduire à 3 % le déficit.

    En attendant, l’on sert du Muscadet à Matignon pour remplacer les bulles et Cécile Duflot a commandé trois vélos de fonction : les dames patronnesses servent les marchés financiers mais avec un faire semblant « de gauche ».

    Les grandes décisions fiscales et budgétaires ont été reportées à l’automne et, surtout, la promesse du Bourget est en voie d’être trahie. La loi sur la séparation des activités bancaires, la lutte contre les produits toxiques et les paradis fiscaux restent en effet au fond des stylos ou des ordinateurs. Résumons la situation : nous continuerons à renflouer les grandes banques coupables de la crise, pratiquement sans conditions, en leur sacrifiant la croissance économique et la justice sociale. MM. Ayrault et Hollande creusent leur propre tombe.

    Pourquoi ? Parce qu’ils pactisent avec Barack Obama et les intérêts de Wall Street. Lorsqu’il va à Londres, François Hollande se comporte en petit garçon devant M. Cameron, la Reine et les financiers de la City. Sur la Syrie comme sur le bouclier antimissile européen, il se met à leur remorque.

    Pire, pourvu de son pacte de croissance inexistant, M. Hollande tente d’obtenir l’accord du Conseil constitutionnel pour faire passer au Parlement, à la majorité simple, tous les textes européens contraires à notre souveraineté nationale rassemblés dans une loi organique. L’on tente de nous refaire le coup de Lisbonne, en pire !

    Face à cette servitude volontaire, nous nous battons pour faire couper les banques en deux, seule manière de tarir la source de l’injustice sociale, et exigeons un référendum sur le pacte budgétaire. L’Europe de l’euro ne fait que pratiquer une surenchère de l’austérité et se détruit elle-même. Devant nos yeux, les intérêts britanniques s’apprêtent à sortir de l’Union européenne et à nous livrer à une autodestruction continue. Serions-nous tellement plus bêtes qu’eux ? M. Hollande peut-il continuer à jouer les Henri Queuille ou les René Coty dans la tempête ? Nous voici parvenus à un moment de l’histoire où un homme trop normal devient un homme dangereux, pour lui-même et pour autrui.

    Jacques Cheminade