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    Guerre et descenseur social

    mardi 2 novembre 2010

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    Jacques Cheminade
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    jeudi 15 décembre à 19h30

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    Nous sommes en guerre.

    La guerre des monnaies est la plus évidente : le dollar, monnaie mondiale de référence, se trouve détruit par la politique d’émission à tout va de la Réserve fédérale américaine et de l’administration Obama pour renflouer les établissements financiers. La banque d’Angleterre l’a précédée et la banque du Japon la suit, entraînant le système mondial à sa perte. Deux chiffres : de 2005 à 2010, la masse monétaire américaine a triplé, et si la méthode appliquée jusqu’en 1980 pour mesurer la hausse des prix était appliquée, le taux d’inflation actuel aux Etats-Unis serait déjà de 7,5% en base annuelle. Pour 20 dollars émis, la valeur ajoutée à l’économie du pays ne dépasse pas 1 dollar ! En fait, toutes les monnaies mondiales baissent par rapport à la valeur de l’or, même le dollar australien ou le real brésilien. Nous entrons, cette fois à l’échelle du monde, dans la situation qu’a vécue l’Allemagne de Weimar en octobre-novembre 1923. Les premiers signes de panique apparaissent et les flux financiers transforment tout en objet de spéculation.

    La guerre alimentaire est le résultat de cette folie. La vague spéculatrice a entraîné depuis juin-juillet une hausse brutale des prix du blé, du maïs, du riz, du sucre et de pratiquement tous les produits alimentaires. Les réserves alimentaires mondiales sont au plus bas, les agro-carburants stérilisent la canne à sucre brésilienne ou le maïs américain. Les terres arables reculent et un nouveau féodalisme se met en place : ce n’est plus la terre aux paysans, mais la terre aux usuriers, que ce soit en Ukraine ou à Madagascar.

    Si les choses continuent ainsi, l’hyperinflation anéantira les revenus fixes (épargne populaire, retraites, salaires…) et il n’y aura plus de nourriture pour alimenter la population de la planète. Il faut regarder la réalité en face, c’est-à-dire la mort de ce système. Et se mobiliser pour ne pas mourir avec lui, c’est-à-dire en changer.

    Cela n’est bien entendu pas simple. Il y a d’une part chez nous, en France, une mobilisation du peuple qui dépasse la question des retraites. Les gens ne veulent plus se laisser voler leur emploi, leur niveau de vie, leur logement et la qualité d’éducation de leurs enfants. Ils veulent un avenir et sentent que le système dominant ne peut pas leur en offrir. Et il y a d’autre part les solutions que nous défendons ici depuis longtemps : un Glass-Steagall arrêtant le pillage financier, un Nouveau Bretton Woods arrêtant la spéculation sur les monnaies en rétablissant des taux de change fixes, sauver les collectivités locales en leur fournissant les dotations financières leur permettant de fonctionner et mettre en œuvre de grands projets, du type Nawapa en Amérique du Nord et Pont terrestre eurasiatique de l’Atlantique à la mer de Chine, en liant les deux par un système de transport à grande vitesse intercontinental traversant le détroit de Béring.

    Pour que le rapport entre la colère du peuple et la mise en œuvre de ces projets devienne une mobilisation porteuse d’avenir, le plan de bataille doit inspirer les combattants. Notre mission politique est de nous battre pour rendre cette combinaison possible.

    En son absence, sans espérance à l’horizon, on voit déjà une France dans laquelle les vieux sont oubliés dans une croissante misère, et les jeunes livrés à la galère, subissant de plus en plus le descenseur social et devant jouer de pistons et de « réseaux sociaux » pour s’insérer, lorsqu’ils y parviennent, dans un milieu sans cœur qu’ils ne souhaitaient souvent pas.

    Le défi est de leur apporter un avenir et non le chômage ou un travail frustrant dans lequel la retraite apparaît comme une délivrance.

    Jacques Cheminade