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    mercredi 4 février 2015

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    Jacques Cheminade
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    jeudi 15 décembre à 19h30

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    L’édito de Jacques Cheminade

    Pendant que les dirigeants européens se complaisent dans le sommeil de la raison financière, le risque de guerre croît de jour en jour. « Oui, il y a des tensions, mais à l’âge du nucléaire, un certain seuil ne peut être franchi », nous répondent les esprits raisonneurs. Ils ont tort. D’une part ils ne veulent pas comprendre que les castes qui entourent la présidence américaine affichent une volonté de puissance à la mesure de leur incompétence et de leur aveuglement stratégique vis-à-vis de la Russie et de la Chine. D’autre part et surtout, ils refusent de voir que le système monétariste de la City et de Wall Street est aux abois et que, servi par ces castes, il cherche à maintenir son pouvoir en brandissant le recours à toute la panoplie de sa force militaire.

    L’horloge du risque de destruction que l’humanité s’infligerait à elle-même, imaginée en 1947 par les membres du Bulletin of the Atomic Scientists, indique minuit moins trois. Les aiguilles de cette horloge n’en avaient jamais été aussi près, sauf en 1953. « Exagération de savants aveuglés par leur pacifisme », nous disent ceux qui ne veulent pas voir.

    Examinons d’abord les choses côté russe. Mikhaïl Gorbatchev vient pour la troisième fois de mettre en garde contre un risque de guerre nucléaire, tout en manifestant sa compréhension envers la politique de résistance de Vladimir Poutine. Igor Ivanov, l’ancien ministre des Affaires étrangères de Russie, tire la même sonnette d’alarme. La vérité est que la doctrine officielle américaine et de l’OTAN vise désormais, grâce à des armes plus précises et plus rapides de nouvelle génération, à paralyser par une première frappe la capacité de seconde frappe de la Russie et de la Chine, les empêchant ainsi de riposter. De leur côté, les Russes répliquent à cette nouvelle doctrine et à l’extension des moyens de l’OTAN à l’Est (en Pologne, Roumanie et dans les pays baltes) en se donnant le droit de recourir à leurs forces nucléaires en cas de menace pour les intérêts vitaux de leur pays ou de leurs alliés. Le temps de réaction pour l’un ou l’autre des adversaires, si un doute sur une frappe adverse apparaissait, serait de trois minutes, celles-là mêmes qui sont inscrites sur l’horloge du Bulletin of the Atomic Scientists.

    Côté américain, la politique aventuriste d’Obama et de Victoria Nuland, qui ont financé hier l’extrême droite en Ukraine et se préparent aujourd’hui à former des milices de cette même extrême droite, se trouve dénoncée par des experts officiels et respectés. Il s’agit par exemple des anciens sénateurs Sam Nunn et Richard Lugar, qui ont élaboré le programme de démantèlement mutuel russo-américain des armes nucléaires, et de Theodore Postol, expert du désarmement à la très prestigieuse université du MIT. Quant au journaliste Stephen Lendman, il estime que la situation actuelle « devrait faire peur à tout être humain raisonnable ».

    Les va-t-en guerre se manifestent sans gêne. Un rapport rédigé par des experts du Chicago Council on Global Affairs, de l’Atlantic Council et de la Brookings Institution, exige du gouvernement américain qu’il affecte trois milliards de dollars à la fourniture d’équipement militaire à l’Ukraine, y compris des drones de combat et des armes anti-chars. Leslie Gelb, ancien président du Conseil des relations extérieures américain (1993-2003), condamne cette politique et demande la démission de l’équipe « stratégique » du président Obama.

    Cependant, Obama lui-même doit être directement mis en cause. Car c’est seulement en mettant un terme à l’ordre financier prédateur de la City et de Wall Street, auquel Obama est attaché, qu’on parviendra à une paix par le développement mutuel, ce système gagnant/gagnant dont a parlé le président chinois Xi Jinping. La France a un rôle déterminant à jouer, mais à condition que nous retrouvions le sens et le courage de notre grandeur, d’abord en soutenant la juste cause de la Grèce.


    L’édito de Jacques Cheminade est publié tous les 15 jours dans le journal Nouvelle Solidarité.