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    François Hollande doit changer de cap

    jeudi 28 mars 2013

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    Jacques Cheminade
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    Déclaration de Jacques Cheminade après l’entretien télévisé du Président Hollande

    Paris, le 28 mars 2013 – L’on ne peut pas dire que François Hollande soit parvenu ce soir à nous convaincre. Sa politique consiste à gérer la crise alors qu’elle s’emballe comme un cheval au grand galop. Son rapprochement avec David Cameron pour exiger que des armes soient fournies aux rebelles syriens reste aussi aventuriste que la politique de Guy Mollet et de Christian Pineau en 1956. La réforme bancaire est un seau d’eau tiède alors que la maison est en feu. Rester au sein du système de la City et de l’OTAN nous livre pieds et poings liés à ceux qui entendent détruire toute résistance nationale à leur dictature financière. C’est dans ce contexte de soumission que notre politique intérieure est contrainte de se plier à ce que M. Hollande appelle la « rigueur ». Il nous dit « je ne ferai pas une politique qui conduise l’Europe à l’austérité ». Mais il éclate aux yeux de tous que c’est une austérité destructrice du travail et de la production qui domine partout sur notre continent.

    Je ne reprendrai pas pour autant les vitupérations impuissantes de ses adversaires d’extrême droite et d’extrême gauche. Le repli national ou l’intégration au sein d’une zone méditerranéenne ne peuvent être des solutions viables. La crise est européenne et mondiale, et nous mène fatalement à de nouvelles guerres si rien n’est fait pour en traiter les causes. Cela signifie que la France doit défendre une politique étrangère de paix par le développement mutuel, fondée sur de grands travaux porteurs de croissance réelle. Et que cette politique suppose que l’on s’en donne les moyens financiers, c’est-à-dire l’émission de crédit public à long terme et faible taux d’intérêt entre Etats, à l’échelle de l’Europe, de l’Eurasie et du monde. C’est seulement ce changement fondamental qui permettra de rétablir le pouvoir d’achat, arrêter le chômage et promouvoir l’esprit d’entreprise. Pas la boîte à outils du gouvernement.

    Pour cela, il faut refonder l’Europe hors de l’étranglement de l’euro, nous battre contre la City de Londres, Wall Street et leurs paradis fiscaux et rassembler dans le monde les forces susceptibles de se rallier à un changement de paradigme, à l’opposé de ce qui nous arrive depuis plus de quarante ans. Le faire, c’est-à-dire prendre un grand risque, demande beaucoup de courage politique mais ne pas le faire revient à rester sur le pont du Titanic en s’occupant d’y déplacer les chaises.