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    mercredi 12 février 2014

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    Jacques Cheminade
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    jeudi 15 décembre à 19h30

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    L’édito de Jacques Cheminade

    La France n’est pas une réminiscence que la mondialisation abolirait, ni un sol, un sang ou même un peuple à défendre. C’est une idée portée par une mission, celle de tenir notre pacte conclu avec la liberté du monde, l’engagement d’élever tout être humain à la dignité d’homme. Nous sommes les héritiers de ce que Paul de Tarse affirmait dans ses Epîtres : « Il n’est ni juif, ni grec ; ni esclave, ni homme libre ; ni homme, ni femme », de cette part commune à laquelle nous avons donné le beau nom de citoyen. « Liberté, égalité, fraternité » signifie que nous n’admettons ni esclavage ni servage, et que la France n’a de sens que comme embryon de ce que la « République universelle » deviendra un jour en grand.

    Voilà ce qui aurait dû se trouver dans les bagages américains de notre Président de la République. Hélas, on attendait le citoyen, ce fut le courtisan. Le texte désastreux signé par François Hollande et Barack Obama fournit la preuve de cette soumission. Notre pays a trahi son essence et l’héritage gaullien d’indépendance pour devenir le poste avancé de l’OTAN. Que lit-on en effet ? « Depuis le retour de la France dans la structure de commandement de l’OTAN, il y a quatre ans, nous avons développé notre coopération à tous les niveaux, dans le cadre de notre engagement à renforcer constamment le partenariat entre l’OTAN et l’Union européenne. » Quatre ans, l’aveu de la continuité entre Nicolas et François pour se faire fossoyeurs de notre politique étrangère.

    « Notre partenariat toujours plus étroit constitue un modèle de coopération internationale », nous assène-t-on. Entendons-nous bien : une coopération entre la France et les Etats-Unis en vue des intérêts communs de l’humanité serait nécessaire, et même indispensable. Mais ce qui est sous-jacent à cette déclaration est l’asservissement de la France aux intérêts anglo-américains, à un moment où la Grande-Bretagne et les Etats-Unis sont eux-mêmes asservis à une oligarchie impériale. Cette oligarchie, par sa nature même, bafoue les Etats-nations et porte en elle la guerre. Impériale, elle le demeure comme elle l’était en 1914 et les dirigeants de l’Europe continentale sont aussi impuissants qu’alors.

    Preuve en est notre politique vis-à-vis de l’Arabie saoudite et de l’Ukraine. En Arabie, notre Président, si prompt à faire la morale ailleurs, a annoncé un « partenariat de référence » avec un pays qui asservit les femmes, où l’homosexualité est passible de la peine de mort et qu’une alliance de circonstance avec Benjamin Netanyahou n’empêche pas d’être le plus antisémite du monde. En Ukraine, c’est pire encore. Car nos appels à la démocratie et aux droits de l’homme y procurent de fait un soutien à l’insurrection néo-nazie de mouvements comme Svoboda ou Spilna Sprava. Il est clair, après les révélations sur les conversations de Victoria Nuland, que le gouvernement américain y cherche un changement de régime, ne respectant ni le droit international, ni l’accord signé le 5 décembre 1994 par les Etats-Unis, la Fédération de Russie et le Royaume-Uni, garantissant « l’indépendance et la souveraineté nationale ukrainiennes ». Cette intervention impériale peut conduire à une guerre mondiale, car Kiev est pour la Russie une part aussi intime et forte de son histoire que Koursk, où furent vaincues les armées nazies. Et c’est le moment que choisit François Hollande pour se rendre en Grande-Bretagne, puis à Washington.

    MM. Valls et Hollande admirent Georges Clemenceau. Ils en ont gardé l’attachement envers l’Empire de la City et de Wall Street, mais sans le panache. Ils devraient lire Jaurès. Sans quoi ils ne seront que de petits félins, soumis à de plus gros pourvus de dents thermonucléaires.


    L’édito de Jacques Cheminade est publié tous les 15 jours dans le journal Nouvelle Solidarité.