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  • Face au fascisme du XXIe siècle

    lundi 14 octobre 2013

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    Jacques Cheminade
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    Au renflouement des méga-banques par les Etats (le bail-out) au détriment des contribuables, s’ajoute désormais la mise à contribution des actionnaires, créanciers et déposants (le bail-in). La réalité est l’extension du pillage de l’économie réelle et du travail humain par le secteur financier, qualifié tour à tour d’austérité, de rigueur ou de sérieux budgétaire. En clair, comme Saturne, le casino financier dévore ses enfants et détruit son propre avenir.

    Cela suscite des résistances, comme en Grèce ou au Portugal. Dans ce dernier pays, la Cour constitutionnelle vient de rejeter, le 26 septembre, une tentative de modifier le Code du travail, menée par le gouvernement sur ordre de la Troïka, visant à faciliter les licenciements. Au cours des cinq derniers mois, cette même Cour avait déjà annulé quatre mesures d’austérité, les jugeant elles aussi anticonstitutionnelles.

    L’oligarchie financière a réagi en exigeant que soient changées… les Constitutions. La première salve a été tirée par la banque J.P. Morgan Chase Europe qui, dans une note du 28 mai, déplore que les Constitutions mises en place dans la périphérie sud de l’Europe après la chute du fascisme, soient « incompatibles avec une intégration plus poussée de la région » et offrent « une protection aux droits des travailleurs ». Le Wall Street Journal du 27 septembre tire la deuxième salve dans un article intitulé « Le nouvel obstacle pour résoudre la crise de l’euro : les Constitutions », ciblant en particulier celle du Portugal.

    Cela signifie en clair que le système est en train de passer d’une période de domination financière par des gouvernements collaborateurs à une phase de fascisme financier déclaré, basé sur l’exploitation sans limites légales du travail humain.

    L’Europe telle qu’elle se fait actuellement est l’instrument de cette dictature. Le système mis en place par le Pacte de stabilité, entré en vigueur en décembre 2011, le Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance ainsi que les deux règlements communautaires entrés en vigueur le 30 mai, visent en effet à mettre les budgets nationaux sous la tutelle de la Commission, des ministres des Finances de la zone euro (Eurogroupe) et du Conseil européen des chefs d’Etat et de gouvernement. Non pas pour parrainer des programmes de développement économique, mais pour s’assurer que les mesures d’austérité financière soient bien appliquées. On comprend donc que J.P. Morgan Chase et ses semblables se félicitent de l’existence du levier européen pour abolir les souverainetés nationales et les textes constitutionnels qui constitueraient une résistance à leurs desseins.

    Cela s’appelle une « gouvernance économique » au service du fascisme du XXIe siècle.

    Jacques Cheminade