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    Dette et foire aux vanités

    samedi 21 mai 2011

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    Jacques Cheminade
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    jeudi 15 décembre à 19h30

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    La classe politique qui gouverne notre pays se trouve aujourd’hui totalement discréditée. « L’affaire DSK » aura été le révélateur de ce discrédit. Les électeurs ont la sensation d’être abandonnés et incompris. Que Dominique Strauss-Kahn soit ou non coupable de ce dont on l’accuse, c’est son attitude désinvolte en matière morale qui choque. Cela va de pair avec la perte de respect de la fonction présidentielle, à laquelle Nicolas Sarkozy a de son côté tant contribué. Après tout, c’est lui qui a soutenu la candidature de DSK au FMI et c’est le Parti socialiste qui en a fait sa figure de proue pour la présidentielle.

    La réaction de nos principaux responsables n’a pas été à la hauteur des circonstances. La plupart ont oublié la jeune femme qui a peut-être subi un acte odieux et qui vit un moment terrible. Hélas, Jean-François Kahn, sur France culture, a surpassé les autres en évoquant « un troussage, euh, de domestique ». Le sexisme s’est ainsi donné libre cours chez nous, exposant l’hypocrisie de ceux qui prétendent réserver des quotas aux femmes tout en les considérant trop souvent en privé comme un corps transformé en marchandise.

    Beaucoup – comme Bernard-Henri Lévy – ont dit tout haut que le directeur du FMI ne devait pas être traité comme un accusé ordinaire : ici le féodalisme de caste s’ajoute au sexisme. Ceux qui ont évoqué la présomption d’innocence face à un homme menotté et livré aux photographes ont eu raison, mais les mêmes n’ont pas manifesté un sentiment identique lorsque Lyndon LaRouche a été victime d’une mise à mort médiatique il y a plus de vingt ans, dans un procès dont le caractère politique est aujourd’hui avéré. Toujours les deux poids, deux mesures, règle du jeu des oligarchies.

    Le paysage politique français n’a pas été bouleversé par l’affaire, selon un sondage Ipsos-Logica Business Consulting. Simplement, un espace central, dit-on, s’ouvre entre le PS et l’UMP sans que Marine Le Pen en tire avantage. Les Français seraient-ils plus sages que leurs responsables ? En un sens, oui, car ce supposé centrisme exprime en fait l’attente d’une autre politique qui ne serait pas basée sur le rejet de l’autre, mais sur un projet pouvant rallier le plus grand nombre.

    C’est à cette exigence qu’il faut répondre. Le système financier et monétaire international est en voie d’effondrement, et personne n’a le courage d’affronter ce « monde de l’argent » que fustigeait De Gaulle et que combattit Mendès-France. Les uns se soumettent au féodalisme financier « mondialisé », les autres lui opposent un repli national-monétariste. Sortons de ces voies sans issue !

    Une dette financière sans précédent, celle des banques et des établissements financiers transformés en casino, jouant à court terme avec l’argent des autres pour leur avantage, ne peut plus être remboursée sans un carnage social. Plus grave que tout le reste, DSK, tout en reconnaissant « l’absence de vertu » du capitalisme financier, a dit ne pas savoir par quoi le remplacer. Nicolas Sarkozy, de son côté, a jeté aux orties les promesses de son discours de Toulon. Il propose maintenant Christine Lagarde pour remplacer DSK, traînant les deux casseroles de l’affaire Tapie et de son investissement dans Applicatour, dont le dirigeant relevait de sa tutelle. Pire encore, Ramon Fernandez, Directeur général du Trésor, a reconnu ce 20 mai que la France n’entend pas adopter un équivalent de la loi Glass-Steagall et ne veut pas revenir à des taux de change fixes.

    Cette caste n’a rien appris. La dette financière illégitime doit être abrogée ou annulée, et c’est la dette morale et économique envers les générations à naître qui doit être acquittée, à raison des services rendus par les générations passées.