Libérons-nous de l'occupation financière
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    vendredi 27 mai

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    Jacques Cheminade
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    jeudi 15 décembre à 19h30

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    Le mot chienlit est réapparu dans notre vocabulaire. A tort, car il vaudrait mieux relever notre défi historique plutôt que de sombrer dans une délectation morose sur le cours des choses. Face à ce défi, voilà qu’une chance s’offre de changer la règle du jeu qui pèse sur nous depuis que nous avons accepté la dérégulation financière et la dérégulation des mœurs qui n’a fait que la précéder. Une chance de mettre un terme à l’austérité sociale, à la perte de repères culturels associés au bien commun et à la soumission volontaire au monde de la City et de Wall Street de notre oligarchie d’incapables surdiplômés.

    La litanie est longue de leurs échecs économiques : Areva, EDF, SNCF, Air France affrontent des crises sans précédent et Alcatel, Alstom, Lafarge et Technip se dissolvent sous la pression d’intérêts financiers étrangers ou passent à Londres. Nos start-up tombent sous la coupe du septième continent de GAFA dès qu’elles commencent à faire leurs preuves, nos ingénieurs et nos mathématiciens partent ailleurs servir eux aussi une mondialisation financière qui en fait ses supplétifs. Ainsi se constitue un monde « d’en haut » qui, tout en se soumettant, ignore ou bafoue une France qui souffre. De cette souffrance, l’En France de Florence Aubenas et À la Rencontre des Français de Jean Lassalle portent de beaux témoignages car eux l’ont vue de près.

    « au-dessus des querelles autodestructrices »

    C’est pour cette France que je me bats, si loin des yeux des partis. Car les politiques, faute de réels projets, s’égarent dans un monde consanguin de querelles vulgaires et subalternes, exacerbées par l’obsession du pouvoir. Les gauches se déchirent, Macron et Montebourg se positionnent, Mélenchon veut « reconquérir le temps long » en arrêtant le nucléaire et en revenant aux « modes d’énergie rustiques ». Toute la droite se vautre, elle, dans un Concours Lépine de réductions suicidaires de dépenses publiques, sans craindre d’invoquer les mânes de Margaret Thatcher. Pascal Bruckner, dans Le Figaro, « plaide pour une forme de réac pride ». Le leader de la CGT jette des pneus dans le brasier social tandis que celui de la CFDT s’accroche à la loi El Khomri.

    Pour nous ressaisir, il faut nous élever au-dessus de ces querelles autodestructrices et organiser une vraie Résistance en regroupant les victimes du capital financier autour d’un projet. Comme aux temps du Conseil national de la Résistance, se sont regroupées toutes les forces opposées à l’occupation nazie et aux féodalités financières, aujourd’hui doivent se rassembler ouvriers, agriculteurs, employés, patrons d’ETI, PME et TPE, artisans et commerçants, autour d’un projet de combat contre l’ennemi commun. Car ce capital financier, avec ses managers mercenaires, est destructeur de notre avenir commun, de l’avenir que construisent tous ceux qui se lèvent tôt et travaillent tard, parmi lesquels se trouvent les patrons qui n’ont pas de parachutes dorés, de retraites chapeau ni de salaires plus de deux cents fois supérieurs au SMIC. Et parmi lesquels se trouvent aussi les immigrés que notre économie et notre tradition d’accueil doit intégrer.

    Tous ceux qui exploitent la peur et désignent des boucs émissaires, au sein de l’extrême-droite comme de l’extrême-gauche, promeuvent le désaccord entre ceux qui devraient s’unir, et doivent donc être dénoncés. Entendons-nous bien : il ne s’agit pas de regrouper ceux qui rêvent d’argent, national ou multinational, mais tous ceux qui ont intérêt à se battre pour que la France retrouve sa souveraineté monétaire afin de mettre sa monnaie au service de l’emploi qualifié, de la sécurité sociale, de la santé publique et de l’éducation nationale, une France de l’égalité des chances et de la recherche du mérite, se battant pour la justice sociale à l’intérieur et à l’extérieur d’elle-même.
    Par delà les clivages politiciens qui masquent les vrais enjeux : redresser notre pays et en faire un exemple pour la cause de l’humanité, la paix et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.


    L’édito de Jacques Cheminade est publié tous les 15 jours dans le journal Nouvelle Solidarité.