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    Ce que nous pouvons apporter aux Français

    mercredi 16 décembre 2015

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    Jacques Cheminade
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    jeudi 15 décembre à 19h30

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    Les élections régionales ont eu lieu, la COP21 est passée, les défis demeurent. Ce qu’ont voulu dire les Français est pourtant simple. Il y a une crise dans le monde qu’ils ressentent, ils veulent la clef pour en sortir. Il y a une fragmentation de la France, une vie de chaque jour qui devient de plus en plus dure et ils ne veulent plus voir les mêmes visages et les mêmes programmes se répéter sur leurs écrans.

    On a beaucoup trop épilogué sur le vote en faveur du Front national. Là aussi cependant les choses sont simples. C’est le terrain que lui ont laissé les autres qui est la cause principale de son relatif succès. Notre système politique, élitiste et fermé, reproduit des élus issus des appareils politiques traditionnels, promouvant de nouveaux élus recrutés parmi les collaborateurs d’anciens élus. Le FN, au contraire, a permis d’intégrer aux postes électifs des gens des classes moyennes et populaires qui sont apparemment nouveaux et que les plus dépourvus veulent essayer faute de mieux. L’inquiétude liée au terrorisme, le rejet d’une Europe qui exploite et exclut et une demande d’autorité et d’identité ont fait le reste. Ceux qui votaient hier pour la gauche se voient aujourd’hui livrer un mélange peu ragoûtant avec la « simplification du code du travail », le plafonnement des indemnités de licenciement, le travail du dimanche, le pacte de responsabilité, la multiplication des CDD, l’état d’urgence, la déchéance de la nationalité, l’équité se substituant à l’égalité pour empêcher le renouvellement de la vie politique et un alignement sur le libéralisme financier. François Hollande recevant Alastair Campbell, l’ancien gourou communicant de Tony Blair, illustre cette basse cuisine. On comprend que les électeurs cherchent ailleurs.

    Une vraie politique de combat contre le monde de l'argent

    Malheureusement, cet ailleurs est un parti qui flatte les émotions et la rage de ceux qui votent pour lui, mais ne sert pas leurs intérêts. Depuis le début de son existence, il promeut l’étranger en bouc émissaire et n’a jamais abandonné la recette, sans fournir de solution. Jean-Marie Le Pen était libéral, sa fille Marine dit goûter une économie dirigée et Marion la petite-fille revient à la sauce des origines. Sur l’euro, on était contre, mais si cela déplaît à l’opinion, on s’apprête à modérer le ton. Car l’entre-soi familial consiste à épargner la finance en y trouvant son aise.

    Ce qui se mijote ainsi est soit une sorte de mariage pour tous entre partis de pouvoir continuant leur politique autodestructrice, LRPS, soit un mariage à deux entre le catholicisme libéral de Marion et une droite tout aussi libérale et soumise au monde de l’argent, le FNLIB. Deux formes de désastre sans autre renouvellement que d’apparence, dans un monde allant vers le chaos économique et la guerre.

    Car il faut partir de là. Et dire aux Français qui souffrent que ce qui arrive chez nous – la dépossession des syndicats, le piège du régime social des indépendants, les retraites de misère des agriculteurs, l’étranglement des communes – est dû à l’adaptation de la droite comme de la gauche à une mondialisation financière destructrice, dont la bureaucratie et les lobbyistes de l’Union européenne sont devenus les courroies de transmission. La COP21 n’aura été qu’une arme de distraction mutuelle assurée pour ne pas prendre le taureau de l’injustice par les cornes.

    Alors, que pouvons-nous, nous, apporter aux Français ? Une vraie politique de combat contre le monde de l’argent, un retour à notre souveraineté monétaire, rendant au peuple une politique de crédit productif pour équiper l’homme et la nature. Car « déradicaliser » pour forcer une intégration à cet ordre dominant que les radicalisés ont rejeté ne peut mener nulle part. La rage « nationaliste » et l’islamisme dévoyé sont le fruit du chaos contemporain. Avec un projet refondateur, de coups de cœur en coups de gueule, nous pouvons être le catalyseur de ce monde plus juste et plus créateur que les Français attendent.