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    Arrêtons la culture de la mort

    vendredi 24 avril 2015

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    Jacques Cheminade
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    Déclaration de Jacques Cheminade, en ce 24 avril 2015.

    Nous commémorons aujourd’hui le centième anniversaire du génocide arménien, le premier du XXe siècle. Jean Jaurès, dès les premiers crimes commis en 1894 par le sultan Abdou-Hamid II, s’était écrié : « L’humanité ne peut vivre avec, dans sa cave, le cadavre d’un peuple assassiné ». Elle ne fut pas alors capable de faire face, Jaurès fut lui-même assassiné, la Première guerre mondiale éclata avec son cortège de barbaries et le génocide arménien commença le 24 avril 1915 à Constantinople. Il fut d’une terrible férocité. Le Ministre de l’Intérieur turc communiqua ainsi à ses officiers que « le gouvernement a décidé d’éliminer tous les Arméniens résidant en Turquie. Nous devons mettre fin à leur existence, quel que soit le caractère criminel des mesures à prendre. Vous ne devrez pas prendre en compte le sexe ou l’âge. Les scrupules de conscience n’ont ici pas lieu d’être ».

    Après les Arméniens ce fut la Shoah, puis les atrocités des colonisateurs et les meurtres de masse au Cambodge et au Rwanda. Si la Shoah fut le comble de l’horreur, une même culture de la mort et de l’élimination de l’autre se manifesta à chacun de ces terribles moments. C’est à cette « culture » que nous devons mettre fin une fois pour toutes aujourd’hui. « Reçois tout homme avec un beau visage », nous dit le Traité Avoth (Pères) I, 15. Ce message talmudique doit être notre mandat à tous et le meilleur hommage que nous puissions rendre à toutes les victimes de la barbarie. Celles qui meurent aujourd’hui dans les eaux de la Méditerranée nous demandent que l’on mette fin à une économie qui exploite, exclut et finalement tue — l’esprit du nazisme, même s’il ne porte pas de bottes et de swastikas.

    Restent en nous ces mots bouleversants écrits par Missak Manouchian avant d’être fusillé par les nazis : « Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand. »

    Un grand mouvement pour le développement mutuel et juste entre tous les peuples, contre toutes les idéologies du sol, du sang et de la race, doit être notre engagement en souvenir de tous ceux qui moururent à Van, à Smyrne ou dans la solitude des déserts, et de ceux qui meurent aujourd’hui en Irak, en Syrie ou en Arabie saoudite, victimes de la même barbarie.