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Antisémitisme, extrême-droite, Mennucci : Jacques Cheminade met les choses au clair

vendredi 3 février 2012

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Jacques Cheminade
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jeudi 9 février à 19h30

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Ce matin, Jacques Cheminade a mis les choses au clair dans les Grandes Gueules sur RMC, après les attaques mensongères proférées par Patrick Mennucci à leur antenne deux jours plus tôt, dans lesquelles l’élu marseillais parlait de Cheminade comme d’un homme d’ « extrême-droite », « antisémite » et « dangereux ». Les animateurs Alain Marschall et Olivier Truchot lui ont donné la parole :

Transcription :

Les Grandes Gueules : Droit de réponse, maintenant, dans les Grandes Gueules : écoutez bien, s’il vous plaît, c’était avant-hier, mercredi, le traditionnel conseil des GG, les grandes gueules de la politique assis à la table des Grandes Gueules, tous les mercredis de midi à 13h. Il y avait là Lionel Lucas, entre autres, Patrick Mennucci, le socialiste marseillais, Lynda Asmani, conseillère Nouveau Centre de Paris, et on parlait des parrainages, et nous parlions de Jacques Cheminade, qui est avec nous, le fondateur du parti politique Solidarité & Progrès, qui a affirmé sur RMC avoir ses parrainages ; et quand on a évoqué le nom de Jacques Cheminade, la sortie du socialiste Mennucci : « Jacques Cheminade est quelqu’un qui est d’extrême-droite, (…) antisémite aussi ; (…) je vous signale quand même qu’il a fait une déclaration, le jour de la mort de Ben Laden, pour le regretter, quand même ! » Alors Jacques Cheminade est-il là ? Monsieur Cheminade, bonjour !

Jacques Cheminade : Bonjour !

GG : Vous avez entendu la sortie mercredi sur RMC dans les Grandes Gueules de Patrick Mennucci ; qu’avez-vous à répondre ?

Cheminade : Alors, je vous remercie beaucoup de me recevoir, et je veux rectifier ces allégations mensongères de M. Mennucci. D’autres aussi, d’ailleurs, qui constituent, en période électorale, une véritable incitation à l’agression physique contre moi. D’autant plus que j’ai déjà payé, le 13 novembre 1996, reçu par les militants des jeunes socialistes du MJS de Grenoble, un excité de la JCR Red, l’aile ultra de la ligue communiste révolutionnaire de l’époque, m’a brisé le nez à froid, d’un coup de poing de karaté, en croyant à des accusations semblables à celles que vient de proférer M. Mennucci.

Alors, point par point : extrême-droite. C’est une accusation stupide, et visiblement proférée par quelqu’un qui n’a pas lu une ligne de mon projet. Les statuts de Solidarité & Progrès, le parti, comme vous l’avez dit, dont j’ai été le président et le fondateur : « le parti a pour objet de combattre, en France et dans le monde, pour la paix par le développement économique et l’égalité des chances, contre l’usure financière et les idéologies du sol, du sang et de la race. Il défend, pour chacun et entre les peuples, le progrès matériel, intellectuel et moral. » C’est peut-être général, mais c’est clair. J’ai appelé à voter pour Ségolène Royal au premier et au deuxième tour de l’élection présidentielle de 2007 ; ce pour quoi, d’ailleurs, elle ne m’a manifesté aucune reconnaissance. Et j’ai combattu très jeune pour une Algérie algérienne, au moment où la majorité des socialistes soutenait le proconsul d’Alger Robert Lacoste, et en 56 où Guy Mollet trahissait sa mission sous les tomates.

GG : Antisémite, alors ?

Cheminade : Antisémite, tout aussi absurde ! Le judaïsme, c’est avec le christianisme ce qui m’a fait ! C’est ce qui a construit ma pensée ! L’abbé Grégoire est une de mes grandes références et j’ai soutenu en novembre 2003 le pacte de Genève pour la paix entre Israéliens et Palestiniens, de Yossi Beilin et Abed Rabbo.

GG : Vous avez regretté la mort de Ben Laden ?

Cheminade : Attendez, parce que je veux finir sur ça. Enfin et surtout, j’ai deux choses magnifiques qui me guident, c’est « reçois tout homme avec un beau visage » – Avoth, Pères – et « le juste des Nations vaut le juste d’Israël » - c’est le traité Sanhédrin si je me souviens bien. Si on veut aller plus loin encore, ma référence est celle des prophètes d’Israël ; on dit « Navi » en hébreux : celui qui remue les lèvres, se lève pour contester le roi, le juge ou le prêtre, et leur rappeler la loi. C’est la fonction d’un dirigeant qui est de servir le peuple et non pas de se servir. Un prophète c’est une grande gueule !

Alors, que j’ai regretté la mort de Ben Laden, c’est le pompon ! J’ai regretté que Ben Laden ne soit pas arrêté et jugé devant un tribunal du type de celui de Nuremberg, comme Mickaël Moore, d’ailleurs. J’ai regretté la même chose pour Kadhafi, j’aurai aimé qu’il puisse parler et expliquer qu’il y avait des accointances.

GG : c’est un argument recevable. Mais alors, Jacques Cheminade, comment avez-vous obtenu plus de 500 promesses de présentations, c’est ce que vous avez affirmé sur RMC avec Jean-Jacques Bourdin ? Est-ce que c’est vrai, d’ailleurs ? Est-ce que ce n’est pas vous qui bluffez, finalement ?

Cheminade : Oh, vous savez, je méprise trop les élites en place pour bluffer. Alors, ce sont de jeunes militants qui sont allés voir les maires.

GG : Et qui leur ont dit quoi ?

Cheminade : Ils leur ont dit que je combattais le monde de la finance, le monde l’argent, et que ce monde de l’argent était en train de détruire, de saccager le social…

GG : Enfin, tout le monde dit ça…

Cheminade : … et de créer les conditions d’une guerre. Ah non, tout le monde ne dit pas qu’il faut séparer les banques de dépôt d’un côté…

GG : Oh si, si, si.

Cheminade : Non. Ils disent « les activités », pas les banques...

GG : Mais attendez, Jacques Cheminade, il suffit de dire que la finance ce n’est pas bien pour obtenir 500 promesses de signatures ?

Gilbert Collard : Ben dis-donc, on devrait les avoir, nous, alors.

Cheminade : Non, il faut aussi dire aux maires que la loi de décembre 2010 qui leur est tombé dessus, la loi qui a été prévu pour démanteler progressivement les communes, vise à abattre un centre de résistance à cette austérité financière que prônent les Bayrou les Sarkozy et les autres.

GG : Vous vous êtes déjà présenté, c’était en 1995, et à l’époque vous aviez fini dernier du premier tour de cette élection, avec 0,28% des voix, ce qui faisait 84.969 voix.

Cheminade : vous êtes très bon en statistiques !

GG : Oh, et bien j’ai retrouvé vos chiffres. C’est vrai qu’on a mis en place un système pour limiter le nombre candidatures, et on s’aperçoit finalement que vous, vous serez peut-être candidat alors que d’autres, qui représentent dans les sondages beaucoup plus, ne le seront pas. Quel est votre sentiment ?

Cheminade : Mon sentiment, c’est qu’on attend des gens auxquels on a mis la tête sous l’eau, comme moi. C’est ce qu’a fait Roland Dumas, probablement l’ami de M. Mennucci ; Roland Dumas a fait rejeter mon compte de campagne. Jacques Robert, l’autre juge du conseil constitutionnel, a courageusement parlé. Roland Dumas a dit que c’était parce que j’avais été maladroit, alors que Chirac et « Sarkochi », euh pardon Balladur, ont été plutôt adroits. Alors, c’est invraisemblable que la plus haute juridiction française dise des choses pareilles ! D’ailleurs, M. Roland Dumas a avoué dans Lyon Capital qu’il avait porté les mallettes africaines pour François Mitterrand. C’est invraisemblable ce qui se passe dans ce pays !

GG : M. Cheminade, dernière question : trouveriez-vous anormal que Marine Le Pen ne soit pas candidate à l’élection présidentielle ?

Cheminade : Alors, ce que je dirais sur ça, c’est que les maires qui signent pour elle ne doivent en aucun cas être harcelés. Il n’y a pas à harceler quelqu’un qui s’inscrit dans les règles de la démocratie républicaine. Ceci dit, si j’étais maire, je ne signerais pas pour elle, mais ça, c’est une autre question.

GG : Elle ne s’inscrit pas dans les règles de la démocratie républicaine, Marine Le Pen ?

Cheminade : Elle s’inscrit, je dis, dans les règles de la démocratie républicaine.

GG : Un maire a le droit de ne pas signer, ça c’est vrai.

Cheminade : Si j’étais maire, je ne signerais pas, car moi aussi je m’inscris dans les règles de la démocratie républicaine… Mais je dis que les maires qui signent pour elle ne doivent pas être harcelés. C’est la démocratie, c’est la règle du jeu.

GG : Merci, c’était le droit de réponse de Jacques Cheminade, candidat de Solidarité & Progrès.

Etienne Liebig : C’est vrai que je connaissais le nom de Cheminade, et que dans ma tête il était effectivement associé à l’extrême-droite et à l’antisémitisme. Alors je suis allé chercher un petit peu et c’est vrai qu’objectivement, et là je rejoins tout à fait ce que vient de dire M. Cheminade, je n’ai rien trouvé ! Parce que les critiques qui lui ont été faites d’avoir critiqué Lehmann Brother parce que c’était des juifs, j’ai trouvé ça vraiment absurde. Je n’ai effectivement rien trouvé d’antisémite. J’en profite pour dire qu’il faut faire très attention avec la manipulation de ce mot et les accusations qui sont lancées comme ça, comme des anathèmes, et cette accusation-là, comme l’accusation de racisme en général, est une accusation qui est très grave, non seulement parce que ce n’est pas une petite accusation, c’est quelque chose qui te poursuit très longtemps, et auquel, d’un seul coup d’ailleurs, ton nom est associé à cette folie de l’antisémitisme, et trente ans après, ton nom est toujours associé, même si ça a été au départ une espèce de construction intellectuelle un peu bâtarde. Et donc, c’est une accusation de la plus grande gravité, comme la pédophilie et ces choses-là. Ce ne sont pas des choses qu’on dit au hasard, et avant de dire quelque chose comme ça, il faut vraiment…

GG : Donc Mennucci a dit une connerie.

EL : A mon avis, il a dit une connerie, s’il n’a pas les moyens d’étayer son propos un peu plus que ça.