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    mercredi 26 juin 2013

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    Jacques Cheminade
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    jeudi 15 décembre à 19h30

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    L’édito de Jacques Cheminade

    Nous avons décidé aujourd’hui de lancer un appel à adhérer à notre mouvement, Solidarité et Progrès. Nous sommes en effet convaincus que la France a besoin de nous. A la mollesse satisfaite et impuissante des « partis de gouvernement » répond la haine d’autrui qu’entretiennent les extrêmes, les uns et les autres faisant le jeu d’une oligarchie qui divise pour régner. Nous sommes les véritables ennemis de cette oligarchie, car nous avons une certaine idée de ce qui peut sortir notre peuple du piège dans lequel il se débat.

    La séparation stricte des banques de crédit et de dépôt, qui travaillent, des banques de marché, qui spéculent, est en effet l’arme qui vise l’oligarchie au cœur de son système et, en même temps, la clé permettant d’ouvrir la porte à une grande politique de crédit public. C’est-à-dire la porte de l’avenir. Celle qui donne sur le domaine de la création humaine, des emplois qualifiés, de l’équipement de l’homme et de la nature et du développement mutuel. Une société dans laquelle l’homme n’est plus un loup pour l’homme, mais un ami, un camarade ou un compagnon à la table de la vie. Cependant, soyons clair sur trois points : il faut être conscient de ce que nous affrontons, savoir où nous allons et avec qui.

    Nous affrontons directement le culte de la cupidité humaine implanté dans les établissements d’influence et les écrans de culture de masse de l’oligarchie. Le Monde Eco&Entreprise du 20 juin en donne un bon exemple. Il décrit la projection d’une vidéo dans la Cardiff Business School du Pays de Galles : Milton Friedman y explique qu’une entreprise a pour seul but de maximiser son profit. Un étudiant proteste que ce principe a conduit au décès de deux personnes âgées, à qui le chauffage avait été coupé en plein hiver parce qu’elles ne pouvaient plus payer. « Qui est d’accord avec Friedman ? » Seuls deux élèves sur 150 ne lèveront pas la main. Le professeur insiste :  « Mais tout de même, auriez-vous pu être celui qui coupe le chauffage ? » Même résultat. Dernière tentative du professeur : « Et si c’était votre grand-mère ? » Inflexibles, tous acquiescent, sauf les deux mêmes. L’on objectera que cela se passe au Royaume-Uni. Cependant, chez nous, le « philosophe » André Comte-Sponville, dans le numéro de Challenges du 10 septembre 2009, célébrait avec emphase la même cupidité comme fondement des civilisations…

    Savoir où nous allons : pas dans les pas de la Conférence sociale qui vient de se tenir. Une excellente analyse d’ATTAC, du 19 juin 2013, nous montre qu’accroître la durée des cotisations pour les retraites aboutit à faire baisser le montant des pensions sans le dire. L’on doit au contraire aller vers une amélioration de la qualité et une réduction de la souffrance au travail (pénibilité et harcèlement), l’augmentation de l’activité des femmes à salaire égal avec les hommes et l’accroissement du nombre de crèches. Voilà la meilleure manière d’améliorer la consommation de tous et les comptes des régimes de retraite !

    Cela suppose évidemment un autre système social à l’heure où la banque JP Morgan, dans son rapport du 28 mai 2013, appelle à abolir les droits sociaux inscrits dans nos Constitutions, au nom d’une austérité criminelle. Le fascisme financier exprime ainsi ouvertement ses intentions, au nom de la sacro-sainte cupidité et de sa cousine la concurrence. Il est clair que la politique du moindre mal de François Hollande (« convenez qu’on vous fait un peu moins souffrir ») et une « reconversion industrielle écologique » ne sont que des anesthésiants pour faire avaler la couleuvre voulue par Morgan. Car pour nourrir la justice sociale et la qualification de l’emploi, il est nécessaire que le crédit public investisse dans la productivité future et non dans le recul.

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    L’édito de Jacques Cheminade est publié tous les 15 jours dans le journal Nouvelle Solidarité.